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Martigues : le maire Gaby Charroux réagit à la visite d'Emmanuel Macron à Marseille

F. Verpalen F. Verpalen
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Dans un communiqué, le maire de Martigues Gaby Charroux réaffirme son attente pour que les engagements qui sont pris pour Marseille trouvent des prolongements, des développements dans toutes les villes de notre pays.

 

"La venue du président de la République à Marseille est le signe évident de la situation exceptionnelle de la deuxième ville de France.

Un caractère exceptionnel qui nécessite des interventions d’urgence avec des moyens tout autant exceptionnels. La sécurité, l'éducation, les transports, le logement et l’emploi sont réellement l'enjeu pour sortir Marseille de son marasme. L'État doit y contribuer grandement.

Au-delà d’un discours d’intentions qui devra s’accompagner de décisions, d’actes et d’investissements concrets, l’idée d’un plan d’urgence est à l’ordre du jour.

Si Marseille, les Marseillaises et les Marseillais méritent, maintenant, de bénéficier d’engagements forts de la part de l’État, je revendique, pour ma part, l’idée d’un plan d’urgence global dans l’ensemble des villes de notre Pays.

Quand le Président s’exprime sur l’aspect sécuritaire et la situation des quartiers paupérisés, je ne peux que partager son analyse.

Oui, il est urgent de remettre de la sécurité dans des quartiers en proie aux trafics, et cela passe aussi par l’éducation, la culture, le sport, l’intervention publique…

Je le redis, cela doit être mis en œuvre dès demain à Marseille.

Mais cette paupérisation gagne de plus en plus de villes dans notre pays et le remède qui pourrait être efficace dans la cité phocéenne le serait alors partout.

De la même manière d’un point de vue de l’éducation, si le constat est partagé que la réponse aux carences éducatives à Marseille est liée au nombre d’élèves trop important par classe, à l’absence de moyens humains, à des conditions d’apprentissage détériorées, n’est-ce pas vrai partout ?

Quand parmi les pistes évoquées les micro-collèges, les micro-lycées semblent répondre à une volonté de faire augmenter la réussite scolaire, là encore, faut-il seulement le réserver à la situation marseillaise ?

À condition qu'il le fasse dans le respect des fondements de l'Éducation Nationale, alors oui, je crois qu'il faut que l'État redonne de vrais moyens pour réussir.

D'ailleurs, c’est aussi pour des raisons de paupérisation, de dégradation des conditions de travail, de non-reconnaissance de leur statut et de leur professionnalisme que les agents municipaux se mettent en grève… pas par paresse ou quelconque arrangement. 

Et, les collaborateurs du Président, dans les éléments qu’ils lui ont fournis pour nourrir son argumentaire, ont sans doute oublié de lui rappeler qu’un gréviste n’est pas payé.

Alors en tant que maire je réaffirme mon attente pour que les engagements qui sont pris pour Marseille trouvent des prolongements, des développements dans toutes les villes de notre pays.

Oui à un plan d’urgence d’intervention publique dans les zones urbaines qui le nécessitent. Je l'ai proposé, il y a plusieurs mois.

Par contre, en tant que président du Pays de Martigues je suis particulièrement inquiet de ce que j’ai entendu concernant la Métropole Aix Marseille. Si nous ne pouvons que partager les constats de la situation métropolitaine, je suis beaucoup plus sceptique sur les causes qui ont été avancées par le discours présidentiel.

Résumer l’immobilité de la Métropole à des clivages entre élus, entre maires me paraît réducteur.

Il faut se rappeler que la Métropole a été dirigée et mise en œuvre par les mêmes qui ont géré la Ville de Marseille et l’ont conduite au résultat d’aujourd’hui.

Il faut se rappeler ensuite que depuis 2017, entre pandémie et scrutins électoraux divers, notre Métropole est suspendue aux équilibres politiques et aux majorités qui s’en dégagent.

D'ailleurs, Monsieur le Président de la République a omis dans son discours d'évoquer la situation ubuesque qui voit le Conseil de Territoire dans lequel est intégrée Marseille, géré en opposition au Maire de la ville centre.

Enfin il faut surtout se rappeler que la Métropole est un EPCI sensé appuyer son fonctionnement sur la coopération.

Et il faut encore se rappeler que cette Métropole s’est construite en s’imposant aux maires, aux pratiques, aux choix démocratiques et aux organisations existantes.

Cette Métropole, qu’elle soit qualifiée de polycentrique ou de gargantuesque, mérite de renvoyer dans la proximité les compétences qui concernent le quotidien des populations.

Que la question des transports ou de l’environnement, éminemment problématiques et donc prioritaires à l’échelle de notre grand territoire, soit traitée et envisagée à l’échelon Métropolitain est une évidence. 

Mais pour le reste, les décideurs doivent avoir le courage de reconnaître l’échec de l’expérience et doivent redonner aux communes les autonomies et les moyens d’exercer les compétences si essentielles à la vie des populations.

La Métropole a l'obligation d'une vision stratégique, d'élaborer des schémas d’ensemble et de laisser, dans la proximité, leur exécution.

Les menaces qui pèsent sur l’organisation métropolitaine telle que je la comprends dans le discours présidentiel de Marseille et telle qu’elle a été portée par le gouvernement lors du débat au sénat sur la loi 4D, sont purement et simplement la signification de la mort des communes.

Il faut un plan d'urgence, il faut une Métropole allégée et il faut des moyens financiers pour y contribuer.

Pour tout le quotidien des habitants, la ville de Martigues et le Pays de Martigues sont en capacité de répondre aux besoins et aux attentes des populations."