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Les daurades de l'étang de Berre baguées pour être étudiées

  • Nature
  • 01/10/2019 à 11h00
  • 02:34
G. Saucerotte G. Saucerotte
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L'étang commence à refroidir, les daurades vont donc logiquement partir pour des eaux plus chaudes. Mais certaines d'entres  elles ont été baguées pour des études. Si vous en pêchez une, il faut le signaler à l’Ifremer de Sète (04 99 57 32 62), après avoir récupéré la marque électronique ! Il leur faut noter la date, l’heure et le lieu de pêche et conserver le poisson. 

Pour information, des chercheurs de l’unité mixte de recherche Marbec ont équipé des poissons d’émetteurs pour suivre leurs déplacements. Après des premiers résultats sur la daurade royale et le bar (aussi appelé loup en Méditerranée), un projet plus large a débuté. Les recherches ont été étendues à deux autres espèces pêchées localement : le mulet (muge) et la saupe. Une prochaine phase de marquage est prévue entre octobre et décembre.
Les quatre espèces de poissons étudiées vivent à la fois dans les lagunes et en mer, près des côtes. Mais on ne sait pas exactement à quels moments elles passent d’un milieu à l’autre, ni ce qui les motive à sortir des lagunes ou à y entrer. 

Un nouveau projet à plus grande échelle
Le projet Connect-Med (connectivité des poissons à l’interface lagune – mer en Méditerranée) élargit ces premiers résultats à d’autres lagunes et d’autres espèces. Pour cela, 260 daurades, 150 bars, 50 saupes et 50 mulets vont être marqués. Les quatre espèces n’ont pas été choisies par hasard, elles représentent quatre régimes alimentaires distincts : les bars sont carnivores, les daurades omnivores, les saupes herbivores, et enfin les mulets trouvent leur nourriture dans la vase. Il sera ainsi possible de faire le lien entre leurs déplacements et leurs besoins en nourriture, ainsi qu’entre leur croissance et leur lieu de vie. «On pourrait par exemple montrer que certaines lagunes permettent une meilleure croissance, parce qu’elles offrent des conditions environnementales plus favorables », explique Fabien Forget, chercheur IRD au sein de l’UMR MARBEC .

Les poissons sont équipés à la fois d’une marque externe, repérable par les pêcheurs, d’un tatouage bleu sur le ventre, et d’un petit émetteur acoustique interne. Ce dernier peut être détecté par un réseau régional d’une centaine d’hydrophones, mis en place dans le cadre du projet Connect-Med grâce aux partenaires du projet.  Le cap des 200 poissons marqués en 2019 a été franchi début septembre, pour un total de 360 marqués depuis mi 2017. Sur l’étang de Berre, 30 daurades et 15 loups ont ainsi été marquées.

Une seconde phase de marquage est prévue entre octobre et décembre sur les sites de reproduction présumés. En effet, on sait que ces poissons se reproduisent en mer, mais le lieu exact n’est pas certain. «Ces marquages permettront de mieux comprendre le rôle des lagunes pour ces espèces, les couloirs migratoires régionaux durant la phase hivernale et d’identifier les sites de reproduction aujourd’hui peu connus » précise Jérôme Bourjea, chercheur Ifremer à l’UMR Marbec