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Parc à thème provençal : étude d'environnement approfondie, le promoteur en colère

  • Loisirs
  • 20/08/2020 à 18h47
  • 02:28
M. Chaix M. Chaix
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Entendu sur Maritima Radio. L'Etat a demandé une étude d'impact environnemental plus approfondie pour un projet de création d'un vaste parc à thème sur le patrimoine provençal près de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône), suscitant la colère de son promoteur

Qualifié de "Puy du Fou de Provence" par certains élus, dont la présidente du département Martine Vassal (LR), qui l'avait inscrit à son programme électoral, ce projet nommé "Rocher mistral" est porté par l'entrepreneur Vianney d'Alançon.

Après avoir restauré en 2016 la forteresse de Saint-Vidal en Auvergne, il espérait ouvrir en 2021 ce parc sur le site du château de La Barben, un édifice posé sur un éperon rocheux sur la commune du même nom, près d'Aix-en-Provence.

Mais "compte tenu des enjeux environnementaux notamment pour la biodiversité dans cet espace protégé, la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) a demandé soumission à la procédure d'étude d'impact, comme le sont tous les projets de cette ampleur", a expliqué à l'AFP la préfecture, qui a pris un arrêté en ce sens le 23 juillet.

Ce projet "se situe dans une zone classée à la fois Natura 2000, et zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF), constituant le milieu vital de l'aigle de Bonelli, espèce menacée et protégée", souligne-t-elle. Il est également situé dans une "zone de risque inondation" et "incendie de forêt".

La Dreal Provence-Alpes-Côte-d'Azur réclame donc des investigations approfondies sur l'impact du trafic routier et du volume sonore pour les riverains de la commune de La Barben, qui compte près de 900 habitants et pourrait en recevoir 200.000 à 300.000 selon les estimations des promoteurs de Rocher Mistral.

Cette décision a suscité la colère de M. D'Alançon qui estime qu'elle va repousser de plusieurs mois l'ouverture d'un projet qui créerait, selon lui, 400 emplois directs et indirects, et dans lequel 30 millions d'euros ont déjà été investis.

"On n'a pas les moyens d'attendre quinze mois supplémentaires pour l'ouverture", plaide-t-il, annonçant déposer un recours contre le préfet.

La Ligue de protection des oiseaux (LPO) a été missionnée par M. D'Alançon pour dresser un plan de gestion des espaces naturels autour du château.

"Il s'agit de 430 hectares de garrigue et de forêt, très riches en biodiversité", a indiqué à l'AFP Amine Flitti, directeur adjoint de la LPO Provence-Alpes-Côte d'Azur. "Quelques hectares vont être impactés par le projet, mais en contrepartie, M. D'Alançon s'engage fortement à valoriser des centaines d'hectares d'espaces naturels", a-t-il assuré.

L'association France Nature Environnement estime de son côté "qu'en l'état, le projet qui lui a été présenté manque de préparation", malgré "d'indéniables potentialités environnementales et agricoles", et invite les habitants de La Barben à s'organiser pour faire part de leurs préoccupations.