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Marseille. Un ingénieur iranien se pourvoit en cassation contre son extradition aux Etats-Unis

  • Justice
  • 12/02/2020 à 18h58
  • 02:06
M. Chaix M. Chaix
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Entendu sur Maritima Radio. Un ingénieur iranien détenu en France s'est pourvu devant la Cour de cassation, qui doit examiner le dossier fin février, pour éviter son extradition vers les États-Unis

En mai 2019, la cour d'appel d'Aix-en-Provence avait rendu un avis favorable à l'extradition de Jalal Rohollahnejad, un quadragénaire que les Etats-Unis accusent d'avoir tenté de faire entrer en Iran du matériel technologique en violation des sanctions américaines contre Téhéran.

Mais ses avocats ont saisi la plus haute juridiction. "Les infractions poursuivies par les Etats-Unis ont une dimension politique évidente", Washington et Téhéran étant "au bord de la guerre", a souligné auprès de l'AFP Me Louis Boré: or "les affaires politiques sont hors du champ des accords d'extradition", qui ne concernent que les délits de droits commun.

Il invoque également le fait que, selon lui, l'exportation du matériel en cause est interdite par la loi américaine "mais tout à fait permise" par la France.

"Aujourd'hui, il ne fait pas bon être Iranien et croiser un chemin américain", a ajouté son confrère Jean-Yves Le Borgne, soulignant qu'au cas où la Cour de cassation confirmerait l'avis favorable à l'extradition, le sort de M. Rohollahnejad relèverait d'une "décision gouvernementale": c'est au Premier ministre de prendre ensuite, ou non, un décret pour livrer la personne aux autorités américaines.

Deux juges fédéraux américains soupçonnent l'ingénieur d'une série d'infractions liées à la tentative de faire entrer en Iran, via les Émirats Arabes Unis, des systèmes industriels à micro-ondes et des systèmes anti-drones: ces matériels pourraient, affirment les autorités américaines, être transformés assez facilement en armement. Selon la justice américaine, l'ingénieur aurait agi pour le compte d'une entreprise iranienne en relation avec le corps des gardiens de la révolution islamique, fer de lance du régime de Téhéran.

Une demande d'arrestation provisoire avait été lancée par les États-Unis peu de temps après l'obtention par M. Rohollahnejad d'un visa français en vue d'un déplacement professionnel dans les Alpes-Maritimes. L'ingénieur iranien a été arrêté à son arrivée à Nice le 2 février en provenance de Téhéran, via Moscou.

Spécialiste de la fibre optique, lié à l'université de Téhéran, cet ingénieur a assuré lors d'une audience avoir mené des recherches purement scientifiques pendant une dizaine d'années pour le compte de l'organisation aérospatiale iranienne.