Temps forts

Marseille. 17 ans de prison pour le meurtrier de Mohamed

  • Justice
  • 19/06/2013 à 17h37
  • 02:02
R. Chape R. Chape
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La cour d'assises des Bouches-du-Rhône a condamné aujourd'hui à 17 ans de réclusion criminelle Mehdi Zerrouki, jugé à Aix-en-Provence pour avoir tué début 2010 d'une balle dans le ventre un rival de 24 ans dans les quartiers nord de Marseille.

Les jurés, qui ont rendu leur verdict après deux heures et demie de délibéré, ont été en-deçà des réquisitions (20 ans), mais ont retenu la préméditation.

L'avocat général Martine Assonion leur avait demandé de "renvoyer un message ferme", avec une pensée pour "ces gens qui manifestent et ne veulent plus de violence", dans une allusion au "collectif du 1er juin" qui s'est récemment formé après les assassinats de plusieurs jeunes sur fond de trafic de drogue.

Le 26 janvier 2010, premier règlement de comptes de l'année dans la cité phocéenne désormais habituée de ces faits divers tragiques. Mohamed Zouggari, alias Pepelo, trouve la mort sur une place non loin de la cité des Rosiers (14e), tué par Mehdi Zerrouki, 18 ans, qui se rendra à la police après une fuite d'un mois et demi.

Loin de la "détermination" et "froideur" dont l'accuse le parquet, lui explique avoir "pété les plombs" après avoir vu l'un de ses protégés, l'oeil en sang, victime - a assuré ce dernier - d'une agression de Pepelo. Depuis plusieurs semaines, un violent différend opposait les deux petits trafiquants à propos d'un contrôle d'un point de vente de drogue.

"Mehdi Zerrouki a eu un comportement de fou furieux", a plaidé son avocat Me Denis Fayolle. "On est manifestement dans un geste criminel empreint d'impulsivité, commis par un gamin qui s'est pris d'affection pour un plus petit que lui".

Le procès, qui s'était ouvert lundi, s'est déroulé dans un climat étrange, en l'absence de témoins. Tous avaient fait défaut, à l'exception de ceux qui étaient incarcérés et ont été contraints de venir.

Parmi ces derniers, l'un a refusé de prêter serment au motif qu'"il n'y avait aucune vérité à dire". Un autre - un ami de Pepelo présent à ses côtés au moment du drame - s'est montré peu enclin à parler. "On sent la peur dans ce dossier", a résumé la représentante du ministère public.

AFP