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Violences sur un adolescent: prison avec sursis requise contre deux policiers d'Aubagne

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C. AMOUROUX C. AMOUROUX
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Entendu sur Maritima Radio. Huit mois de prison avec sursis ont été requis mardi, contre deux policiers de la brigade anticriminalité d'Aubagne jugés pour des violences commises sur un adolescent âgé de 15 ans à l'occasion d'un banal contrôle

Le 18 janvier 2020, l'équipage de police, en civil et véhicule banalisé, intervient sur le parking d'un centre commercial où s'amuse un petit groupe d'adolescents. Tous se mettent à courir lorsque les occupants leur demandent de faire moins de bruit.

La jeune victime, un Compagnon du devoir inconnu des services de police, avait stoppé sa course, levé les bras et s'était assise par terre en disant: "je fais tout ce que vous voulez".

Un coup de pied lui est alors asséné par un policier "c'est quand même net", commente la présidente Cécile Pendariès face aux prévenus lors de la diffusion d'une vidéosurveillance.

A l'audience devant le tribunal correctionnel de Marseille, le jeune homme assure qu'à aucun moment, les quatre passagers lui ont dit être des policiers et rapporte des menaces à caractère sexuel.

Il évoque la trouille de sa vie lorsque l'homme assis à côté de lui a lancé: "On t'amène à Cassis et tu vas sauter du cap Canaille", une haute falaise, ou encore "je te mets une cagoule, je te donne un flingue et tu vas braquer le McDo pour nous".

Apercevant un talkie-walkie, le jeune garçon raconte avoir été soulagé en comprenant qu'il s'agissait de policiers.

Questionnés sur l'absence de gyrophare, le défaut de brassards et d'un rapport d'intervention, les deux policiers, un brigadier de 51 ans, et son collègue, âgé de 47 ans ont convenu de ces manquements. Mais ils contestent toute violence même verbale: "On a agi plus en pères de famille car on a bien vu que c'était pas un voyou mais un jeune de bonne famille".

Le père du jeune homme a assuré qu'il se serait arrêté de courir si les policiers avaient annoncé leur qualité. "Il a cru que c'était la fin de sa vie(...). Son premier contact à 15 ans avec la police c'est ça, c'est dommage", a déploré le père qui n'a réclamé aucun dommage et intérêt.

Mettant dans la balance les bons états de service des deux prévenus - l'un a été blessé par arme à feu - mais aussi les "violences psychologiques de nature à impressionner vivement un garçon de 15 ans", le procureur Marc Hélier a réclamé huit mois de prison avec sursis.

Les avocats des prévenus ont eux réclamé la relaxe des policiers estimant que le récit du jeune homme était truffé d'imprécisions et même de mensonges.