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Royal interpellée sur la pollution des bateaux de croisière

D. Cismondo D. Cismondo
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Les socialistes marseillais ont interpellé la ministre de l'Environnement Ségolène Royal au sujet de la pollution de l'air causée notamment par les générateurs au fuel des bateaux de croisière qui font escale dans le port de la cité phocéenne.

Dans une lettre datée de mardi et rendue publique mercredi, Benoît Payan et Josette Sportiello, présidents respectifs des groupes socialistes de la Ville de Marseille et du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, déplorent que l'air à Marseille soit "le plus pollué de France" et demandent à Ségolène Royal de "diligenter une étude sur l'impact sanitaire et environnemental des émissions de ces bateaux dans l'atmosphère" et de "tout mettre en oeuvre pour que des solutions soient trouvées et mises en oeuvre".

"Depuis plusieurs années Marseille voit débarquer sur ses côtes et en plein coeur de sa ville de nombreux bateaux de croisières qui, faute de solutions alternatives et par soucis d'économie, font tourner jour et nuit des générateurs au fioul lourd pour assurer l'alimentation électrique des bateaux", écrivent les deux élus, rappelant que "l'impact d'un seul de ces bateaux à l'arrêt équivaut à la pollution d'un million de voitures selon les études de France Nature Environnement (FNE) et de NABU, une ONG allemande".

"Marseille n'a pas vocation à devenir capitale européenne de la pollution, et ne peut pas continuer d'être ainsi la ville la plus polluée de France", concluent les élus socialistes.

En quelques années, Marseille s'est hissée parmi les dix premiers ports de croisière au monde, avec 1,45 million de croisiéristes accueillis en 2015, en hausse de 10,7%.

D'où une pollution en mer, à l'approche des côtes et au stationnement, que la brise marine repousse le plus souvent à l'intérieur des terres.

Pour lutter contre cette pollution, mise en cause dans l'apparition de cancers et de crises cardiaques, les ONG FNE et Nabu demandent aux armateurs d'utiliser un diesel moins chargé en soufre et l'installation de filtres à particules sur les navires. Elles plaident auprès des gouvernements pour l'interdiction en Méditerranée de carburant avec plus de 0,1% de soufre. Enfin elles préconisent la généralisation des réductions des taxes portuaires et droits de passage pour les bateaux les plus propres, comme le fait Singapour.

Selon l'ONG Transport and Environment, environ 50.000 morts prématurées en Europe sont imputables à la pollution atmosphérique maritime. Et des mesures simples permettraient de réduire de 80 à 90% cette pollution.

AFP