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Importants rejets d'EDF dans l'étang de Berre. Le Gipreb inquiet.

Importants rejets d'EDF dans l'étang de Berre. Le Gipreb inquiet.

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Importants rejets d'EDF dans l'étang de Berre. Le Gipreb inquiet.

G. Saucerotte G. Saucerotte
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Selon le Gipreb, des turbinages importants de la centrale EDF de Saint-Chamas ont lieu actuellement. Un panache turbide est visible depuis les rives mais aussi depuis l’espace comme en témoigne la photo satellite. "Les données EDF réglementaires nous étant transmises trimestriellement, nous ne savons pas exactement les volumes turbinés sur la fin mai début juin mais l’image semble parlante sur les quantités importantes d’eau douce et de limons déversées ces jours derniers," explique le Gipreb.  Si l'organisme, ne doute pas que les rejets respectent les quotas imposés, visuellement l'image est déplorable. "Un gramme par litre de matière en suspension donne au final l'impression d'un torrent de boue comme l'on voit lors des inondations, résume Raphaël Grisel, le directeur du Gipreb. C'est choquant et cela interpelle.

Des inquiétudes pour l'été

Ces rejets d’eaux douces ont pour conséquence d’engendrer une stratification, c’est à dire une différence de salinité entre l’eau de surface et de celle de fond. Ce jeudi 3 juin, la salinité de surface est de 18,5 et celle du fond de 33. Cette différence de près de 15 points est énorme pour cette saison et peut être inquiétante à l’orée de l’été. En effet, plus cette différence est importante (on parle d’intensité de la stratification), plus il faudra du vent fort pour assurer le mélange des eaux. Mais en été, le vent est rare sur l'étang. Le Gipreb, n'exclut donc pas un épisode d'anoxie (manque d'oxygène) similaire à celui de 2018. "Ces rejets arrivent à un moment particulièrement inopportun, poursuit le directeur. L'été est la saison la plus dure pour l'étang, où les risques sont les plus élevés. Les actuels apports sont chargés d'azote et de phosphore. D'ici un ou deux mois, l'éco système va réagir par un boom de phytoplancton. " Autrement dit, une prolifération importante d'algues. 

Le Gipreb surveille donc de près ces rejets.  "Nous avons le retour d'expérience de 2018, conclut le directeur. Nous possédons plus d'outils. Notamment une balise, située en plein centre de l'étang qui informe du taux d'oxygénation en temps réel. Mais ce que l'on constate surtout, c'est que l'étang à besoin de peu de temps pour se restaurer." En 2019, en seulement 6 mois, l'étang n'accusait presque plus de différence de salinité entre le fond et la surface...Mais en 2019, de son côté EDF, accusait son plus faible niveau de rejet.