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Attention, la tique à pattes rayées arrive en Provence

G. Saucerotte G. Saucerotte
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Depuis 2015, le Cirad étudie la tique Hyalomma marginatum, régulièrement observée sur le littoral méditerranéen de France continentale. L’origine exacte de cette espèce, présente en Corse depuis plusieurs décennies, mais d’installation récente sur le continent, est encore inconnue. Contrairement à l’espèce Ixodes ricinus, cette tique n’est pas vectrice de la bactérie responsable de la maladie de Lyme. Mais elle peut transmettre le virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo, virus non encore détecté en France

La tique adulte mesure jusqu’à 8 mm de long : elle est un peu plus grosse que d'autres, « mais plusieurs tiques présentes dans nos régions méditerranéennes peuvent toutefois atteindre la même taille » , précisent Laurence Vial et Frédéric Stachurski, vétérinaires et chercheurs en parasitologie au Cirad. « Il est donc exagéré de la qualifier de tique géante ». En revanche, « on peut parler de tique à pattes rayées car cela permet de la reconnaître facilement ».

Aujourd’hui observée dans les zones de garrigues ou de collines sèches de la façade méditerranéenne de plusieurs départements français - Pyrénées-Orientales, Aude, Hérault, Gard, Bouches-du-Rhône, Var -, ainsi que dans le sud de l'Ardèche, elle semble progresser depuis 5 ans dans ces régions méditerranéennes qui lui sont favorables. « Nous étudions son installation, sa niche écologique, et sa tolérance à diverses températures, humidités, régimes de pluie, pour comprendre les facteurs qui expliquent son extension » , indiquent les chercheurs. « Pour cette raison, nous sommes intéressés par tous les signalements faits par des éleveurs ou des particuliers qui la reconnaîtraient ».

Cette tique se fixe sur certains animaux, et accidentellement sur les humains, lorsqu’ils sont immobiles, et beaucoup plus rarement quand ils sont en mouvement. On la rencontre dans les champs ou la garrigue de mars à août. « Contrairement à d’autres espèces de tiques en attente d'un hôte sur un brin d'herbe, elle se déplace vers l'hôte qu'elle repère par les vibrations du sol et par sa respiration ». Ses déplacements sont de l'ordre de quelques mètres. Mais une fois fixée sur un animal, elle peut alors être transportée sur de longue distance et ainsi étendre sa zone de répartition.


Les tiques adultes se fixent sur chevaux, bovins, ovins, caprins, sangliers, chevreuils, sans présenter de danger pour eux autres que de petites blessures quand l’infestation est trop importante. Après s’être gorgée du sang de leur hôte, les tiques femelles se détachent, tombent au sol et pondent dans l’environnement. De début juillet à fin septembre, les larves issues des œufs se fixent sur des petits mammifères (notamment lièvres et lapins), des oiseaux (notamment merles mais aussi grives, rouges-gorges, pinsons...). Une fois gorgée, la larve se métamorphose sur l'hôte en nymphe qui se gorge à son tour, puis se détache trois semaines après la fixation de la larve.