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Le confinement réduit la pollution !

Impact du confinement sur les grandes villes du sud

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Impact du confinement sur les grandes villes du sud

S. André S. André
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Le constat est sans appel : le trafic aérien, mais aussi maritime et routier considérablement réduits, les effets sur la pollution atmosphérique locale et régionale deviennent apparents. L'association AtmoSud (agréée par le Ministère en charge de l’Environnement pour la Surveillance de la Qualité de l’Air de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur) a analysé l’impact des premiers jours de confinement sur six grandes villes (Aix-en-Provence, Avignon, Gap, Marseille, Nice et Toulon) en comparant les données mesurées depuis le confinement jusqu’au 25 mars, à celles habituellement enregistrées

Il apparaît une baisse significative des concentrations d’oxydes d’azote sur l’ensemble de la région Sud. Après plusieurs jours de confinement et une baisse importante du trafic routier, les concentrations d’oxydes d’azote et des traceurs du trafic routier ont considérablement diminué dans chacune des villes de la région. Cette baisse de la pollution liée au trafic automobile est drastique près des grands axes mais moins notable sur les zones de fond urbain.
La différence est plus importante dans les villes où la circulation est plus dense. "Par exemple, explique Stephan Castel, un représentant de l'association, on a constaté une baisse drastique, dès les premiers jours, des concentrations en oxydes d’azote sur la L2 à Marseille de près de 80%! Sur le boulevard Rabatau, cette baisse n'est que de 30%, car il reste de la circulation. Aux abords du parc Lonchamps, cela va de moins 50 à 66%."

Si les concentrations en dioxyde d’azote issues du trafic routier ont baissé, la tendance sur les particules est moins marquée, parce qu'elles représentent des polluants atmosphériques émises par de nombreuses sources, comme le chauffage, au bois notamment, mais aussi les activités agricoles et industrielles. Ces particules s’accompagnent par ailleurs de particules secondaires formées par l’arrivée de conditions printanières associées une hausse des températures, et du manque de vent.

             50 kgs de déchets verts brûlés = 5000 kms de diesel utilisé

On constate sur ces six villes que les particules émises par la combustion du bois augmentent significativement. Le confinement oblige en effet les populations à passer davantage de temps chez eux et à se chauffer. Par ailleurs, ils en profitent pour brûler des déchets végétaux dans leurs jardins, bien que cela soit interdit. "Les particules du chauffage et du brûlage de bois ont remplacé celles émises par le trafic routier, poursuit le spécialiste. C'est un combustible très mauvais pour la planète. Il vaut mieux le stocker ses déchets verts et le mettre à déchetterie afin d'en faire du compost."

L'association va travailler sur les émissions des industries et celles issues des bateaux de croisière. Elle rendra public, chaque semaine, ses observations sur son site internet; le vendredi au niveau régional, le lundi sur les différents territoires de la région.

 https://www.atmosud.org/article/lassociation-atmosud

Photographie: François Delena