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Menace de grève des professeurs au Lycée Langevin

M. Montagne M. Montagne
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La raison de cette grogne des professeurs ? La diminution programmée pour l'année prochaine de la dotation horaire globale (la DHG).
Alors, à moins d'être un familier des arcanes de l'Education Nationale, la DHG est un point relativement technique et pourtant essentiel dans le fonctionnement des établissements du second degré, collèges et lycées. On va donc tenter de vous dispenser une explication grand public, sur le modèle "la dotation horaire globale pour les Nuls".
La DHG, c'est le volume d'heures attribué aux établissements du second degré (par l'inspection d'académie pour les collèges, par le rectorat pour les lycées) et qui leur permet tout simplement de fonctionner. 
On peut la considérer comme le carburant qui permet au véhicule éducatif d'avancer - en l'occurrence, ici, le bien surnommé "bahut" (pour les plus jeunes, le bahut désignait jadis dans le langage populaire, voire l'argot, à la fois le lycée mais aussi un camion).
Elle se divise en deux parties : 
- Une partie fixe, qui couvre le programme obligatoire, c'est, pour chaque discipline et chaque niveau de classe, une sorte d'horaire-plancher imposé dans un cadre règlementaire et en-dessous duquel l’établissement ne peut pas descendre. Ça, c'est pour répondre au principe de l'égalité. 
- Mais à l'image des personnes, des citoyens en général, les établissements sont loin d'être identiques et leurs besoins diffèrent en fonction de leur implantation géographique, de leur taille, du profil sociologique de leurs élèves (milieu social, quartier en difficulté, etc.... Alors pour rétablir une égalité réelle, il est nécessaire de rajouter une dose d'équité : c'est là que la seconde partie de la DHG entre en piste. Elle est cette fois laissée à l'appréciation - et à la libre disposition - de l’établissement dans le cadre de son autonomie pédagogique. Cette marge de manœuvre permet au lycée d’organiser le soutien scolaire, de dédoubler des classes pour diminuer les effectifs afin d'assurer un meilleur suivi et donc un meilleur enseignement, ou encore de donner les moyens de promouvoir certaines options ou langues. C'est donc cette DHG qui donne à l'établissement les moyens de "financer" sa politique pédagogique. D'où son importance.
Alors dans le cas du lycée Langevin, pour être tout à fait exact, il ne s'agit pas d'une diminution du volume d'heures de sa prochaine DHG mais d'une reconduction de la précédente à l'identique. Or, l'année prochaine, l'établissement martégal va accueillir pas loin d'une centaine d'élèves supplémentaire : tout le monde comprendra qu'avec plus de lycéens mais pas plus d'heures allouées, cela revient à une baisse de moyens qui devrait conduire notamment, comme le craignent les professeurs, à une augmentation des effectifs dans les classes, et ce en pleine période d'épidémie... et de distance sociale. 
Les professeurs attendent donc ce lundi la réaction du rectorat, et envisageront les modalités et la forme de leur contestation en fonction de la réponse qui leur sera donnée.

En vidéo, les interviews d'Akrem M'Hamdi et de Jean-Pierre Zoroddu, tous deux professeurs de mathématiques au lycée Paul Langevin de Martigues et respectivement, représentant syndical CGT pour le premier, SNES pour le second, ainsi que la réaction de Lucas Lobel, élève en terminale STI2D dans le même établissemen