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Rythmes scolaires : Marseille ne sera pas à l'heure

J. Darras J. Darras
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La mairie de Marseille a annoncé lundi que les nouveaux rythmes scolaires -- prévoyant des activités périscolaires le vendredi après-midi-- ne seraient mis en oeuvre qu'au "fur et à mesure" du recrutement de tous les personnels nécessaires pour encadrer les enfants

"On essaie de faire face du mieux que l'on peut", a reconnu à quelques jours de la rentrée scolaire le maire UMP Jean-Claude Gaudin, évoquant "des conditions extrêmement défavorables et qui nous sont imposées" par le gouvernement.

"Pendant deux ou trois semaines, les parents vont avoir des difficultés, nous le savons bien, mais nous n'avons pas d'autre solution", a renchéri Danièle Casanova, adjointe en charge des écoles maternelles et élémentaires.

Pour l'encadrement des activités périscolaires du vendredi, elle a estimé à 3.500 le nombre de titulaires du Bafa (Brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur) nécessaires, quand la ville en compte aujourd'hui environ 350.

Dans un document de presse, la mairie est même moins optimiste : "Ces activités périscolaires se déploieront à partir du mois d'octobre jusqu'à la fin du premier trimestre scolaire, au fur et à mesure de leur validation par les conseils d'école".

En mai dernier, en vertu de l'autorisation donnée à titre dérogatoire d'adaptations locales à l'organisation nationale de la réforme, la municipalité avait proposé un programme de lutte contre l'échec scolaire, sans modification des heures de classe, retoqué par l'inspection académique. "J'étais ahuri que notre proposition ne soit pas retenue", a assuré M. Gaudin.

Début juillet, l'inspection académique a officialisé les nouveaux horaires , prévoyant des heures d'école le mercredi matin et la fin de la classe le vendredi à 11H30 .

En revanche, "les choses se passeront bien" le mercredi matin, a assuré M. Gaudin, soulignant que la municipalité se proposait de rémunérer les enseignants volontaires pour permettre aux enfants dont les parents le souhaiteraient de rester à l'école une heure de plus, jusqu'à 12H30.

"C'est un décret très difficile à mettre en oeuvre", a-t-il dénoncé: "Ce n'est pas une bonne décision du gouvernement, mais je l'appliquerai parce que je suis républicain". La ville a estimé à 22 millions d'euros le surcoût annuel de la réforme.

"Pour nous, c'est inacceptable", a réagi auprès de l'AFP Jean-Philippe Garcia, président de la FCPE des Bouches-du-Rhône: "Nous dire aujourd'hui qu'on n'est pas prêts, alors qu'on avait deux ans pour l'être.... On prend en otages les parents et les enfants".

Même son de cloche à la PEEP, selon qui "les grands perdants, ce sont les familles".

afp