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Une start-up marseillaise innove dans la lutte contre le coronavirus

Une start-up marseillaise innove dans la lutte contre le coronavirus

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Une start-up marseillaise innove dans la lutte contre le coronavirus

M. Rédaction M. Rédaction
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Entendu sur Maritima radio

Chaque semaine, de nouveaux "gadgets" anticovid débarquent sur le marché, dont beaucoup sont conçus en France, par des PME voire des TPE, comme la marque Serge Ferrari en Isère qui a conçu un tissu anticovid à base de particules d'argent, ou encore l'entreprise montpelliéraine Pharma Nature qui vend des masques au cuivre.

A l'institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection de Marseille, qui réalise notamment des prestations de service en laboratoire pour des sociétés privées, la crise sanitaire a ouvert "un gros marché: on reçoit beaucoup de demandes, du monde entier, pour tester des molécules, des produits, des matériaux virucides... On en refuse énormément", témoigne auprès de l'AFP le professeur Bernard La Scola.

La société ProNeem, à Marseille, a ainsi conçu un masque "intelligent", imprégné d'un virucide. La jeune entreprise, connue pour un antiacarien naturel, utilise la même technique contre le nouveau coronavirus: une micro-encapsulation des actifs, qui permet au produit de pénétrer durablement les fibres textiles.

Son masque "Viral Stop", de catégorie 1, a passé tous les tests d'innocuité et d'efficacité imposés par la réglementation française et sera vendu dès la fin janvier dans les bureaux de tabac. ProNeem a été choisie par l'Afnor (association française de normalisation) pour réaliser des tests sur des masques "sport".

A première vue, "Viral Stop", déjà vendu une dizaine d'euros sur le site de ProNeem, ne diffère pas des autres masques en tissu. Sauf qu'il est imprégné d'un "lait" virucide, à base de chlorure d'argent, qui élimine 99,9% du virus en quelques minutes en détruisant sa membrane, selon l'expertise réalisée par un laboratoire indépendant sur le Covid-19.

La dirigeante de ProNeem Nathalie Hagège, docteure en biologie moléculaire, vante un produit "économique et écologique, puisqu'il suffit de le laver une fois par semaine, quand il est sale".

"C'est intéressant quand on le touche, car on évite la contamination par manipulation qu'on peut avoir avec un masque classique", a estimé auprès de l'AFP le médecin généraliste Pierre-Jacques Raybaud, diplômé en immunologie.

Pour le médecin, la certification "virucide" obtenue par ProNeem prouve que son masque "détruit le virus, comme le fait un masque au cuivre, mais le taux de fuite (ndlr: l'air exhalé qui sort du masque sans être filtré) restera toujours plus important que celui d'un masque FFP2 ou FFP3".

ProNeem vend aussi son virucide directement en spray à pulvériser sur des tissus, espérant qu'il puisse servir, par exemple, à traiter "des vêtements, mais aussi pourquoi pas des sièges de cinéma ou d'avion".

La PME de 20 salariés a déjà des commandes du Comité national olympique et sportif pour ses masques et a surtout décroché quatre contrats avec le gouvernement et des industriels en Corée du Sud, "un très gros marché" pour Nathalie Hagège qui y a ouvert une antenne, pour des masques, de la literie et des hôpitaux.

Léopold Gaillard