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Plainte contre Didier Raoult (billet d'humeur)

Plainte contre Raoult (billet d'humeur)

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Plainte contre Raoult (billet d'humeur)

M. Montagne M. Montagne
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Vu la personnalité très controversée, voire clivante de l'intéressé, il fallait s'y attendre, une plainte a été déposée contre Didier Raoult, l'emblématique patron de l'IHU, l'Institut hospitalo-universitaire de Marseille, auprès du conseil départemental de l'Ordre des médecins. Plainte qui remonte à juillet dernier et qui vient d'être dévoilée hier par nos confrères du Figaro.
Depuis plusieurs semaines, il s'était fait pourtant discret mais même lorsque Didier Raoult fait vœu de « relatif » silence médiatique, ce sont ses adversaires, et ils sont nombreux, qui le ramènent au premier plan.
Cette fois, l'attaque judiciaire est venue d'une mystérieuse organisation baptisée SPILF, en fait l'acronyme de Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française.
La SPILF n'est donc pas gadget mais bien une institution sérieuse qui regroupe environ 500 infectiologues.
Ce qu'elle reproche au professeur marseillais ? Rien moins qu'une dizaine d'infractions au Code de déontologie des médecins, notamment d'avoir fait la promotion d'un traitement - le fameux cocktail hydroxychloroquine/azithromycine - qui n'a toujours pas prouvé son efficacité ; également de graves manquements au devoir de confraternité ainsi que la réalisation d’essais cliniques dont la légalité reste à démontrer ou encore la diffusion de fausses informations auprès du grand public (c'est à dire, nous...)

En tout cas, l'intéressé est soutenu par des élus locaux de premier plan, à l'image du président de la région SUD-PACA Renaud Muselier, médecin de profession, qui vient aujourd'hui même de lui renouveler sa confiance par voie de communiqué.
Plus remarquable encore, à l'occasion d'une conférence de presse commune il y a une semaine à peine, le patron de l'IHU avait provoqué autour de sa personne l'union sacrée - et quasi miraculeuse - de la maire de Marseille, Michèle Rubirola, issue du Printemps Marseillais (et médecin elle-aussi), et de la présidente Les Républicains de la Métropole, Martine Vassal, deux femmes pourtant adversaires acharnées lors des dernières municipales.

Didier Raoult encourt une sanction qui va du simple avertissement à la radiation. Si cette dernière est prononcée, gageons que ses supporters crieront au complot et verront dans le châtiment de leur idole barbue et chevelue, une forme de crucifixion.
D'autres imagineront l'orgueilleux professeur marseillais en Jeanne d'Arc des temps modernes, hérétique condamné à être réduit en cendres sur le bûcher des vanités (où, au passage, pourraient finir bon nombre de ses détracteurs dont l'apparente fausse modestie cache difficilement un ego tout autant boursouflé)
Mais radiation n'est pas baillon, et là encore, difficile d'imaginer qu'une telle sanction, si sévère fût-elle, suffirait à le réduire au silence. Bien au contraire pourrait-on penser : si on ne connait toujours pas la réelle efficacité de son traitement contre le covid-19 (sachant que ses détracteurs n'ont toujours pas, eux non plus, apporté à ce jour la preuve d'un décès directement lié à l'usage de ce traitement), une chose est incontestable, l'hydroxychloroquine l'a à coup sûr immunisé contre toutes les attaques émanant de ses congénères