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Abattage de platanes à Salon : sacrifier les uns pour sauver les autres

Les forestiers acrobates

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Les forestiers acrobates

M. Montagne M. Montagne
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Le chiffre 13 leur aura porté malheur, ce sont en effet 13 platanes situés boulevard Clémenceau, l'une des artères historiques de Salon, qui ont été abattus en fin de semaine dernière pour éviter la contagion de leur terrible prédateur, le chancre coloré

 Opérations d'abattage, explications et réactions.
Le pire, c'est que la plupart d'entre eux étaient certainement sains.
Leur seul tort ? Se trouver dans le voisinage d'un platane contaminé. À partir de ce constat, les conséquences sont automatiques et le maire n'a plus le choix : c'est l'État par la voix du préfet qui lui enjoint de faire procéder à l'abattage non seulement de l'arbre atteint par le champignon mais également de tous ses voisins.
Une décision qui chagrine évidemment les riverains, à l'image de Gérard Paul, 78 ans qui est né dans le tronçon concerné par l'opération - l'extrémité du boulevard qui jouxte la place du général De Gaulle - et qui a toujours connu ces platanes séculaires. De même, s'il est plus jeune, Philippe Landois a tout de même passé un demi-siècle à l'ombre de ces majestueux géants. On sent l'émotion chez les deux hommes, et particulièrement chez Gérard dont la voix s'étrangle quand il parle de ces témoins de sa vie.
Mais l'abattage était nécessaire, Ceratocystis platani alias le chancre coloré est un champignon perfide qui profite de la moindre occasion pour se répandre de platane en platane, et la maladie qu'il provoque est incurable. Le canal du Midi en a ainsi fait les frais : depuis 2006, plus de 17 000 de ces arbres, sur un total de 42 000, ont été abattus malgré des tentatives de soins qui ont toutes échoué.
Ironie du sort, c'est en venant nous aider à nous débarrasser de la peste brune nazie que les Américains, en 1944, lors de leur débarquement en Provence, ont bien involontairement, avec leurs caisses de munitions en bois, introduit le terrible champignon. Ce qui fait des platanes de Provence des victimes actuelles - et bien tardives - de la seconde guerre mondiale...

En vidéo, les impressionnantes opérations d'abattage ainsi que les réactions de Gérard Paul, 78 ans et de Philippe Landois, tous deux riverains du boulevard Georges Clémenceau ainsi que les explications détaillées de Lionel Moynet, directeur de l'environnement, du cadre de vie et de la santé, et à ce titre responsable des espaces verts de la ville de Salon.

(images, montage et interviews : Michel Montagne / Maritima Médias)