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Martigues: la musique brise la carapace du handicap

S. André S. André
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Le chant, le souffle…Tout cela fait du bien au corps et à l’esprit. Le conservatoire Pablo Picasso le sait bien et propose aux personnes en situation de handicap mental, enfants et adultes, d’expérimenter la musique, divers instruments et les émotions que cet art fait ressentir

L’aventure a débuté il y a trois ans. Elle a mis du temps à s’installer du fait de la crise sanitaire. Mais désormais c’est acquis ! Tous les vendredis matin, les résidents de l’Adret (un foyer d’hébergement de l’institut médico-éducatif La Chrysalide), ceux de l’hôpital de jour des Rayettes mais aussi les enfants de deux classes Ulis (Unité localisées d’inclusion scolaires) et ceux fréquentant le CAMSP (Centre d’action médico-social précoce) peuvent pratiquer le chant et la musique : « Ce projet leur donne accès à la culture, on ne veut pas oublier ce public-là, explique Isabelle Dudragne, à l’initiative de ces ateliers au sein du conservatoire, et qui est aussi vice-présidente de La Chrysalide Martigues et Golfe de Fos. Avec la musique, on casse la carapace du handicap, on transmet nos émotions. C’est aussi une passerelle entre les enfants et leur parent. On n’est plus à la maison, ni en institut. Durant ce temps de musique, on occulte les conséquences de la maladie. » Les séances débutent, dans l’une des nombreuses salles du conservatoire dédiées à cet art, par des exercices de respiration menés par le musicien et enseignant Érik Darmoise: « Nous faisons des échauffements, de l’éveil corporel, on chante, on improvise, on compose aussi un peu. Un de nos participants, Georges, joue du piano. Il a écrit un morceau que nous avons utilisé, nous y avons ajouté des choses. Il y a de la création. »

 

     « Le chant et la musique libèrent les tensions du corps. Chanter, danser, travailler le corps sont             des médiums importants pour aller au-delà de soi et se découvrir. »

                    Magali Cozzolino, la directrice du site Pablo Picasso

 

C’est un rythme rap que George Larsen a imaginé.  Il se place derrière la batterie et commence à le jouer : «Ce qu’on vient de faire, là, ensemble, c’était vraiment bien. Dès fois, je n’en reviens pas de ce que j’arrive à faire. La musique, ça me plait. C’est une façon d’oublier les soucis et Érik nous apprend beaucoup de choses. » Solange Torres, fan de France Gall, laisse courir ses doigts sur le clavier du synthé : « Ma famille me manque, elle est loin de moi. La musique me rassure et me console. » Jean-Philippe Gagnieux qui aime être appelé Jeannot se sent à l’aise avec la contrebasse, qui n’est pourtant un instrument facile à dompter : « Ici, on dispose d’une multitude d’instruments incroyables, assure Erik Darmoise.  Le conservatoire nous permet de faire tout cela. C’est vraiment super. » Carole Tastevin, éducatrice et famille d’accueil acquiesce : « C’est une très belle démarche. Il faudrait qu’il y ait plus d’endroits comme celui-là, pour que nos résidents sortent de leur lieu de vie, qu’ils rencontrent des gens, qu’ils découvrent ce dont ils sont capables. Les liens se créent, c’est ça qui est beau aussi. »

Une présentation du travail, effectué tout au long de l’année, est programmée le samedi 3 juin, à 18 h, dans le grand amphithéâtre du conservatoire Pablo Picasso, à Martigues.

https://www.ville-martigues.fr/loisirs/culture/site-pablo-picasso

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