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Martigues: le gabian, joli mais destructeur

Martigues: le gabian, joli mais destructeur .

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Martigues: le gabian, joli mais destructeur .

S. André S. André
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Il y a une cinquantaine d’années, les goélands étaient quasiment absents, voire en voie de disparition. Avec l’apparition des décharges et de l’extension des villes, cette espèce s’est développée. Désormais protégés et devenus nombreux, les gabians causent de nombreux désagréments. Certaines communes profitent de la nidification, au printemps, pour enrayer leur prolifération. C’est le cas de Martigues

  Le gabian, joli mais destructeur .

Son nom latin est Larus michahellis, plus communément appelé le goéland leucophée, mais pour nous c’est le gabian. Un animal élancé, au regard vif, majestueux... qui l’est beaucoup moins quand on le surprend en train de ravager un sac poubelle ! En ce moment, c’est la saison de la nidification. Ce qu’ils aiment c’est nicher sur les toits bien plats : « Là, ils ont enlevé l’isolant, parce que ça doit les embêter, constate Albert Lebreton, assistant technique au service Biodiversité, espaces naturels et littoral de la Ville. Ils sont la cause de pas mal de nuisances. En période de naissances, ils peuvent être agressifs, ensuite il y a les bébés qui crient constamment, ils dégradent le bâti avec leur bec et leurs pattes. »

Ce jour-là, Albert fait la tournée des toits des bâtiment communaux, dont ceux des écoles. Muni d’un spray rempli d’huile de paraffine et de formol, il asperge les œufs sous les yeux de leurs géniteurs qui ne se gênent pas pour manifester leur mécontentement. Un autre agent tient un effaroucheur, un appareil qui diffuse des cris de goélands en détresse. Cette espèce étant protégée, la municipalité a dû demander une autorisation auprès des services de l’État pour pouvoir stériliser ces œufs : « Ce mélange les étouffe  et empêche les embryons de se développer, explique Anne-Laure Rotolo, responsable de la préservation du cadre de vie et du littoral. Les œufs ne vont pas se développer. L’oiseau continue de les couver pensant qu’ils vont éclore. » Différents établissements non communaux ont pu, eux aussi, intervenir sur leur toit après avoir signé une convention avec la Ville. C’est le cas récent du lycée Paul Langevin. Deux enseignantes ont été formées par le service, à la stérilisation. Casque sur la tête, elles montent sur les toits et parcourent les espaces contenant de la végétation afin de repérer les nids et asperger les œufs : « Ils affectionnent le lycée car ils peuvent trouver de la nourriture facilement, explique Audrey Loubens, l’une d’elles. Pendant les vacances, les goélands profitent de l’absence des élèves pour construire leur abri. Le lycée leur de beaux points de vue sur l'étang qui est très proche. Nous réalisons alors, plusieurs interventions en répertoriant les nids et le nombre d’œufs. » L’enseignante a bien compris la leçon ; ne pas casser les œufs. C’est interdit et contre-productif. Les goélands se lanceraient alors dans une nouvelle couvée.