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Juillet 1980, quand Martigues accueillait le Tour de France de cyclisme

Le boulevard des Rayettes et sa montée d'enfer!

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Le boulevard des Rayettes et sa montée d'enfer!

Le public est venu nombreux pour assister à l'épreuve, malgré la chaleur et le vent.

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Le public est venu nombreux pour assister à l'épreuve, malgré la chaleur et le vent.

Bernard Hinault arrivé vainqueur de l'étape.

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Bernard Hinault arrivé vainqueur de l'étape.

Quand Martigues accueillait le Tour de France.

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Quand Martigues accueillait le Tour de France.

Quand Martigues accueillait le Tour de France.

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Quand Martigues accueillait le Tour de France.

Quand Martigues accueillait le Tour de France.

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Quand Martigues accueillait le Tour de France.

S. André S. André
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Il y a 40 ans, Martigues organisait l'une des étapes de la légendaire course. Ce n'était pas du tout prévu. Mais la ville a su improviser et a assuré! Elle s'est même vue attribuer d'autres épreuves les années suivantes

« Martigues. Sous le plomb jaune du midi, 40 degrés, pas d’ombre. Et le vent, fort et brûlant, pas toujours favorable, qui dessèche tout sauf la sueur de l’effort… » Le 12 juillet 1980, les journaux locaux n’en finissent pas de relayer ce qui est l’événement sportif de l’année, la 67ème édition du Tour de France. C’est par un heureux coup du sort que Martigues a accueilli, pour la première fois, cette course légendaire. Gaston Deferre, maire de Marseille, s’était « fâché » avec les organisateurs du Tour qui, l’année précédente, avaient plié bagage dès la fin de l’étape sans attendre son discours. Guy Ramon, président du Martigues sport cyclisme, et le maire martégal Paul Lombard ont su profiter de cette mésentente pour proposer d’organiser l’arrivée de la 15ème étape reliée à Montpellier : « Un tour de France, ça se travaille un an avant, nous expliquait, il y a quelques années de cela, l’ancien président. Nous avons aussi élaboré le circuit avec le commissaire général du Tour depuis Arles, des Baux de Provence, Miramas, en passant par la route de l’au-delà à Istres. C’était un parcours très varié. Et puis pour agrémenter le circuit, on a choisi la côte des Rayettes pour le dernier kilomètre avant l’arrivée. » Il a fallu aussi monter les gradins, trouver de quoi loger les cyclistes, sécuriser les abords du parcours… : « C’était une organisation d’enfer, ajoutait Robert Bertano, qui fut adjoint aux sports à cette époque. Tous les services municipaux se sont mobilisés. On avait tout bitumé pour que ce soit nickel, mis des bottes de pailles, des rambardes… A cinq heures du matin on a dû tout recommencer parce que des petits malins avaient peint sur la route ! »

Le jour J, en haut du boulevard des Rayettes, plus de 25 000 spectateurs attendent le peloton fort de 120 cyclistes. Il y a un bataillon de journalistes sportifs dont le fameux Robert Chapatte et le consultant Raymond Poulidor. L’ambiance est au rendez-vous avec la musique omniprésente, les buvettes itinérantes, la caravane du Tour qui scande des slogans publicitaires sur les dérailleurs Campagnolo, les shampoings Dop, le pastis Ricard (c’était avant la loi Evin!). Ajoutez à cela, une pluie de cadeaux, du petit vélo en plastique à la casquette publicitaire. Jamais le quartier n’avait connu une telle animation. Félix Lévitan, le directeur du Tour, disait que les Rayettes étaient un endroit extraordinaire. Cette montée a d'ailleurs fait un tabac à la télévision! Avec un dénivelé de 8 % sur 1,2 km, une largeur de voie confortable, on pouvait y mettre huit cyclistes de front. "Ils l’ont gravie trois fois ! A l’arrivée, il y en avait qui étaient moins frais que d’autres. » plaisantait Robert Bertano.

Cette étape longue de 160 km, c’est le Français Bernard Vallet qui l'a remportée en 3 h 57’ 46’’. Le maillot jaune, lui, est gagné par un Hollandais qui répondait au doux nom de Joop Zoetemelk. Cette première expérience s’est tellement bien passée qu’en 1981, les étapes trois et quatre du tour (Nice Draguignan Martigues Narbonne) ont été une nouvelle fois confiées à la Venise provençale. Le 12 juillet 1982, en individuel, eu lieu la course contre la montre avec un départ de Martigues (toujours aux Rayettes) direction Port-de-Bouc, Fos-sur-Mer, Istres, Rassuen, Saint-Blaise et retour à Martigues par le boulevard Francis Turcan soit une boucle de trente-deux kilomètres avec le triomphant Bernard Hinault et son équipe Renault Gitane à l’arrivée. C’est comme si c’était hier pour Philippe Yérolimos, alors président de l’Office municipal des sports : « Le Tour de France, à Martigues, ça a été une grande fête populaire. Tout le monde y a été associé, les écoles, les lycées, les clubs, les associations… En 1981, nous avons profité de cet événement pour fêter les quatre-cents ans d’union des trois quartiers de la ville. On a que de bons souvenirs. » 

Initialement programmé du 27 juin au 19 juillet, le Tour de France se déroulera sur le parcours prévu, sans changement. Le départ de cette 107e édition est prévu à Nice, le 29 août.