Temps forts

Le phare Cap Couronne, à Martigues, va retrouver son rouge vermillon

S. André S. André
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La Direction interrégionale de la mer a entrepris des travaux de rénovation sur le phare Cap Couronne, l'un des derniers à guider les navigateurs

Il fait face à la mer, sur la Pointe riche. Massif et solitaire. Géré par le Service phare et balisage de la Direction interrégionale de la mer, le phare Cap Couronne guide et assure, depuis 1959, la sécurité des navires qui entrent dans le Golfe de Fos. Le service a quatre autres édifices sous sa responsabilité : le phare du Planier (le plus haut et le seul à être en mer, à quinze kilomètres des côtes), le phare de Saint-Gervais à Fos-sur-Mer, le phare de la Gacholle, situé au sud de Salin-de-Giraud et pour finir celui de Faraman construit à l'embouchure du vieux Rhône, lui aussi, en Camargue  : « Nous avions celui de Beauduc, complète Maxime Suroy, adjoint au chef du Service phare et balisage. Il a été éteint il y a quelques mois car il n'avait plus d'utilité pour les navigateurs. Il est remplacé par des bouées en mer. Le coût de son entretien a eu raison de lui et de son avenir. Il est en passe d'être transféré au Conservatoire du littoral. »

Le phare de Cap Couronne n'est pas prêt de s’éteindre avec un bon millier de navires de commerces qui passent devant lui, chaque année, pour se rendre dans le Grand port maritime de Marseille. Depuis plusieurs jours, il doit supporter un important chantier, celui de la remise en peinture du fut, c'est à dire le corps de l'édifice haut d'une trentaine de mètres. Trois semaines de ravalement seront nécessaires pour lui redonner ses couleurs initiales. Blanche dans sa partie basse. Rouge à son sommet. Cette dernière était devenue orange au fil des ans et des embruns. Cette marque de jour est un repère important pour les marins. Elle est répertoriée dans le livre des feux et sur les cartes marines.

Les phare font régulièrement l'objet d'interventions et de vérifications sur les différentes installations qu'ils comportent, comme les lanternes qui sont désormais dotées d'optiques tournantes automatisées. A Cap Couronne, elle avise les navigateurs de leur entrée dans le Golfe par un éclat rouge toutes les trois secondes. Sa portée est de 20 milles nautiques, soit 36 kilomètres par temps clair: « Ce bâtiment n'est pas autonome, poursuit le technicien. Il est alimenté par secteur contrairement aux autres qui ont des panneaux solaires et des batteries. Il peut y avoir des coupures d'électricité. Alors, le feu de secours est actionné. Il porte moins loin, à 3 ou 4 milles nautiques. Quand ça arrive, nous prévenons bien sûr les bateaux. »

Il y a encore quelques années, le phare disposait d'un gardien qui surveillait ses fameux équipements et signalait tout dysfonctionnement. Il est loin le temps où il remontait, toutes les 24 heures, le poids qui, en descendant par gravité, faisait tourner l'optique. Cartes électroniques et GPS peuvent-ils remplacer, à terme, la signalisation physique de ces phares ? Resteront leurs imposants bâtiments, symboles populaires de l'univers marin, rassurants et poétiques.

Retrouvez en image et en interview le phare Cap Couronne et Maxime Suroy. 

Photographie: Frédéric Munos