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Gignac-la-Nerthe devient Gignac la verte

Le maire Christian Amiraty veut faire de Gignac une ville 100% bio.

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Le maire Christian Amiraty veut faire de Gignac une ville 100% bio.

M. Montagne M. Montagne
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La commune qui compte un peu plus de 9000 habitants et située entre Martigues et Marseille, à une vingtaine de kilomètres de ses deux grandes voisines, veut faire reculer béton et bitume.

Inspiré par l'air du temps un peu trop pollué à son goût, Christian Amiraty a décidé de faire voir à ses administrés la vie en vert : le maire a en effet pour objectif de faire de Gignac dans les prochaines années une commune 100% bio sous le slogan : « Gignac-la-Nerthe, une ville à la campagne ».
Et pour parvenir à ce résultat ambitieux, le premier magistrat a déjà semé les graines de petits projets destinés à devenir de grandes réalisations.
C'est ainsi qu'ont été créés, avenue de la Pousaraque, l'une des principales artères de la ville, 50 jardins potagers partagés destinés aux habitants désireux de mettre les mains dans la terre.
La commune a également récupéré, le plus souvent par la contrainte, à coups de procès-verbaux d'infraction et de procédures judiciaires, des terres à vocation agricole longtemps laissées à l'abandon et sur lesquelles certains avaient entre-temps construit en toute illégalité.
Dans la même logique, la municipalité acquiert systématiquement, grâce à son droit de préemption, les terres agricoles vendues par des particuliers (ainsi que deux fermes) grâce au concours financier du conseil départemental à hauteur de 60%.
Enfin, par le biais du PLUI (le plan local d'urbanisme intercommunal initié par la Métropole), des terres à l'origine prévues pour l'urbanisation ont été requalifiées en terres agricoles : sur les 60 hectares concernés, il n'y aura aucune habitation mais des cultures ou de l'élevage.
Plus de la moitié du territoire communal est ainsi classée en zone agricole ou naturelle, l'autre partie étant composée d'espaces urbanisés et équipés ou à vocation économique.

Et pour mettre en œuvre ce projet intitulé "GardenLab", la municipalité fait appel à des agriculteurs adeptes d'une culture naturelle, à l'image de l'association Graine de Oaï qui travaille avec des semences anciennes, paysannes et non stériles (à l'opposé des semences commercialisées par certains grands groupes agroalimentaires). Également cette expérience de maraîchage bio non mécanisée, initiée par une jeune agricultrice passionnée. Ou encore cet autre agriculteur, jeune lui-aussi, qui cultive bio et vend une partie de sa production directement dans le centre-ville.
Et la commune de se donner six ans pour aider les autres paysans de son territoire à prendre ce virage bio sans mettre en péril leur exploitation.

Et, pour rendre réalisable cet objectif 100% bio, le conseil municipal de Gignac vient de prendre la semaine dernière un arrêté anti-pesticides adopté à la majorité moins l'abstention des trois élus d'opposition du Rassemblement national. Reste à savoir si l'État, par l'intermédiaire de la préfecture, décidera d'attaquer cette décision devant le juge administratif comme il l'a fait récemment dans le cas très médiatisé de l'arrêté du maire de Langouët. Sachant que, dans ce domaine très litigieux de la réglementation concernant les pesticides, si l'État cultive quelque chose, c'est bien le flou juridique.

Et les projets ne s'arrêtent pas là, la municipalité réfléchit à l'implantation d'un berger sur le site de Pousaraque et la création d'un arboretum pédagogique destiné à préserver le patrimoine fruitier méditerranéen.
Pédagogique, car la cohérence du projet passe obligatoirement par la sensibilisation des enfants, premières victimes de l'actuelle et future dégradation climatique et environnementale. Ainsi, la nouvelle cuisine de la ville va permettre la préparation de repas issus, dès que possible, d'une production locale et bio.
Et, de la terre à l'assiette, de profiter du GardenLab pour faire découvrir aux plus jeunes toutes les étapes de la chaîne d'alimentation ainsi que la générosité de Mère Nature dès lors qu'on ne la maltraite pas mais qu'au contraire, on la respecte.

L'initiative a attiré l'attention de Yann Wehrling, l'ambassadeur de France chargé de l'environnement, qui a interrompu sa tournée internationale pour venir à Gignac-la-Nerthe. Séduit par ce projet global, le diplomate compte bien citer en exemple la commune lors de ses prochains rendez-vous internationaux.