Temps forts

Temps forts
Inscrivez-vous
Ecoutez MAritima RADIO en direct

La Penne-sur-Huveaune : "Ça fait 10 ans que le loup rôde", confirme un spécialiste

Crédits : Frédéric Gervais.

1/1

Crédits : Frédéric Gervais.

R. Khayat R. Khayat
Partagez cet article
  • Pratager sur Google+

L'affaire a fait grand bruit ce week-end : douze chèvres ont été retrouvées mortes à la Penne-sur-Huveaune, à l'Est de Marseille, supposément tuées par des loups. Un élément incontestable vient confirmer les faits : une vidéo tournée de nuit où l'on distingue deux loups de retour sur leur lieu de chasse.

Cette vidéo a été tournée dans la nuit de dimanche à lundi par Frédéric Gervais, spécialiste de la faune dans le Sud-Est, et plus particulièrement du loup. 

Selon lui, la présence de l'animal n'est pas une surprise : "Aujourd'hui, ils se sont installés parce qu'ils ont créé une meute, mais ça fait 10 ans le loup rôde dans le coin". Habituellement, sa nourriture est composée de sangliers et de biches… Mais le prédateur n'hésite pas à s'attaquer à des chèvres lorsqu'elles ne sont pas protégées. 

Quel avenir pour ces loups ?

Le maire de la Penne-sur-Huveaune, Nicolas Bazzucchi, a publié sur les réseaux sa lettre envoyée au Préfet de Région. Il y demande "une procédure d'urgence" dans sa commune. "Je ne sais pas ce qu'il attend [de la part du Préfet, ndlr], s'interroge Frédéric Gervais. La première chose à faire, c'est demander aux propriétaires de protéger leurs animaux la nuit, mettre des filets de protection, des chiens de protection. Ça permet de réduire drastiquement les attaques, sans les empêcher totalement. Et c'est pris en charge par l'Europe. Si, même avec ça, une autre attaque est observée, il pourrait y avoir dédommagement et éventuellement demande de tirs parce qu'il y a de la destruction."

Malgré son statut d'espèce protégée, le loup gris voit sa population stabilisée chaque année par un quota d'individus à supprimer. "Il y a un pourcentage d'environ 20% cette année, se remémore le spécialiste. Sur le millier de loups répertoriés en France, ils ont, de mémoire, 174 loups à abattre. Ce ne sont pas des loups qu'ils vont abattre comme ça, mais suite à des attaques et des plaintes de bergers."

Le devoir de prévention

Pour Frédéric Gervais, il n'existe aucune solution miracle à ces attaques. En revanche, un travail de prévention peut être réalisé pour limiter les risques : "La prévention et parler au public, je pense que ça permet de sensibiliser, ce que l'on ne fait pas aujourd'hui, déplore-t-il. Je pense qu'il serait intéressant de prendre contact avec les personnes en périphérie du parc des Calanques et du massif que l'on a, et de leur expliquer qu'il y a des meutes de loups sur le secteur. Pour mettre en place des dispositifs et éviter ce genre de problèmes ! Peut-être que si on avait fait ça en amont, on n'aurait pas eu cette attaque-là"