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Niolon, coin de paradis, a désormais son oasis

Niolon le paradis a trouvé son oasis

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Niolon le paradis a trouvé son oasis

M. Montagne M. Montagne
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Jusqu'à présent, le magnifique bâtiment de la gare de Niolon, désaffecté depuis des années, servait de simple repère aux nombreux vacanciers et randonneurs qui descendent du TER. Grâce à l'association TCap 21, elle devient un lieu de vie ouvert à tous.

 Visite des leiux et témoignages des clients

Ça risque de devenir "the place to be" comme on dit en bon provençal. Et surtout un lieu débordant de vie dans ce qui, jusqu'alors, offrait l'image un peu triste d'un site laissé à l'abandon.

Historique 
La gare centenaire de Niolon, située sur le territoire de la commune du Rove, est desservie par le TER Marseille-Miramas à raison de 14 arrêts dans chaque sens. 
Depuis plusieurs années, elle est rétrogradée au rang de simple PANG - point d'arrêt non géré - un terme technique pour désigner pudiquement une gare désormais fantôme puisque privée d'un guichet, qu'il soit avec personnel ou automatique et, par voie de conséquence, fermée au public.
A l'image de sa jumelle et voisine - la gare d'Ensuès-la-Redonne reconvertie elle aussi en PANG - une fois le train arrêté à Niolon, on se contente d'y monter ou d'en descendre, un point c'est tout. 

Le Train Inc Cafe
Mais depuis cet été, la gare et ses abords composent un vrai lieu de vie, d'abord grâce à la création d'une grande buvette extérieure  - le Don Cafe -  magnifiquement aménagée et accolée au bâtiment avec, dans son prolongement, un jardin cultivé en permaculture, des chambres d'hôtes qui sont depuis peu à votre disposition, en attendant l'ouverture très prochainement d'un gîte d'une dizaine de places ainsi que, cette fois d'ici la fin de l'année, d'un coin restauration. L'ensemble baptisé Train Inc Cafe

Un projet anti-préjugés
Et non, il ne s'agit pas, comme on pourrait le craindre, de l'opération d'une multinationale du tourisme récupérant les beaux joyaux délaissés du patrimoine immobilier national à des fins spéculatives mais bien de l'ambitieux projet de TCap 21, une association ensuénenne qui regroupe des parents d'enfants atteints de handicap mental (en particulier la trisomie 21) et lutte avec acharnement pour que ces derniers puissent poursuivre une existence épanouissante et ancrée dans notre société. 
Car, ne nous voilons pas la face, l'un des préjugés les plus répandus à l'égard des personnes handicapées mentales, est qu'elles ne seraient pas capables de s'intégrer dans notre modèle de société, d'en suivre les règles, de participer à son fonctionnement, et par voie de conséquence, qu'elles seraient inaptes à produire et créer de la richesse. 
Ce qui, implicitement, revient à insinuer qu'elles sont condamnées à ne vivre que de l'assistanat et ne représenteraient ainsi qu'une charge pour la société.
Une idée reçue qui, très souvent, résulte plus de l'ignorance que de la malveillance, les personnes trisomiques bénéficiant par ailleurs d'un réel capital sympathie (il faut dire qu'on ne les surprend jamais à insulter leur prochain, commettre des violences ou des délits visant les humains ou les animaux, être délibérément inciviques ou médire sur leur entourage, toutes caractéristiques généralement propres aux gens dits "normaux")

Le fonctionnement
Et c'est justement pour faire voler en éclats ces préjugés que des projets ambitieux comme celui de Niolon sont mis en œuvre par TCap 21
après avoir recueilli des fonds auprès de leur réseau de donateurs, l'association a reçu le feu vert de la SNCF et obtenu la location du bâtiment et ses abords. 
L'équipe chargée d'animer le site sera constituée de six jeunes en situation de handicap qui vivront sur place en autonomie, le premier étage leur étant attribué à cet effet. Ils seront encadrés par trois professionnels - l'un de l'hôtellerie, l'autre de la restauration et le troisième du service au client, couvrant ainsi l'ensemble des activités du site - le tout sous le contrôle bienveillant de parents ou autres bénévoles.
Les jeunes reçoivent une formation en continu qui englobe les différentes tâches à accomplir, ainsi que des ateliers spécifiques pour maîtriser, par exemple, l'exercice périlleux du rendu de monnaie. 

Et finalement, ça marche ? 
Question tout à fait légitime puisqu'entre les beaux principes théoriques et la réalité, il y a bien souvent plusieurs rails d'écart. 
Et c'est le bilan de cet été qui permet de répondre par l'affirmative : les clients randonneurs, touristes, vacanciers et locaux rencontrés sur place sont ravis de l'existence de la buvette - notamment de pouvoir prendre un rafraichissement en fin de randonnée avant de sauter dans le prochain train - et deviennent carrément enthousiastes quand ils apprennent les conditions de fonctionnement du lieu. 
Quant à ceux qui éprouvent une appréhension, voire un léger malaise, dans leur rapport avec le handicap, qu'ils se rassurent, il ne faut en général que quelques minutes pour que la gêne se dissipe puisqu'à l'image de Lucie, présente ce jour-là, qui assure le service à la buvette (voir vidéo), on se retrouve face à une personne professionnelle, concentrée sur sa tâche, avenante avec la clientèle en évitant le double écueil, souvent constaté chez certains professionnels de la restauration, d'être soit trop intrusif ou au contraire trop distant voire désagréable avec le chaland.
Il faut savoir que les personnes en situation de handicap se révèlent des travailleurs particulièrement consciencieux tant dans le respect des horaires (tant ceux du travail que ceux des pauses) que dans l'accomplissement minutieux de leurs tâches.
Et s'il peut en découler une légère forme de lenteur dans l'exécution de leur besogne, cela sied parfaitement à la philosophie du lieu : vous qui entrez ici, laissez sur le seuil : stress, anxiété, surmenage, performance, burn out et trouvez à la place : sérénité, apaisement, quiétude et bien-être. Bref, dans ce monde devenu fou, quand on se retrouve au Train Inc Cafe, on ressent cette impression de retrouver enfin une vie... "normale".

Gîte et couverts
En visitant le mois dernier le bâtiment encore en travaux, on ne pouvait qu'être époustouflé par la qualité des futures installations : de la partie cuisine-restauration située au rez-de-chaussée qui baigne dans la lumière (et qui utilisera en priorité les fruits et légumes cultivés dans le jardin bio voisin) au gîte prêt à accueillir au troisième étage une dizaine de randonneurs (groupe et/ou voyageurs solitaires) en passant, au deuxième niveau, par le clou des aménagements : les trois chambres d'hôtes dont une avec une vue imprenable dominant de plus de 40 mètres le port, la calanque et la mer et avec, à ses pieds, le charme délicieusement vintage du train régional qui arrive en gare. Un panorama digne d'une suite de palace monégasque. 

Et puisqu'on évoque la gare, les membres de l'association présents assistent bénévolement et officieusement les usagers des trains, les renseignant notamment sur les horaires de passage.

Et pour conclure au sujet de la viabilité de l'entreprise : se souvenir que dans certaines disciplines, quand un sportif démarre une épreuve avec un handicap, c'est parce que son niveau est supérieur à celui de ses concurrents. A méditer...

En vidéo, les témoignages de quelques clients enchantés par la présence de la buvette, à l'image de ce groupe de randonneurs stéphanois, de ce couple de touristes de passage et d'Ivan, ce Lyonnais déjà habitué des lieux.
Egalement l'interview de la présidente de TCap 21, Katia Bergamelli et la présence incontournable en guest-star de Lucie, (à laquelle on présente nos plus plates excuses pour l'avoir dérangée à l'heure de la sacro-sainte sieste afin de nous permettre de la filmer en plein service). Et bien sûr, une visite détaillée de l'ensemble du site

 

Pour tout renseignement : les contacts de TCap 21 
(la buvette est ouverte tous les jours de 10h jusque 19h45, horaire de passage du dernier train)

Les partenaires de TCap 21 et notamment les principaux pour cette opération que sont le Département, la Région et les Rotary de Martigues, Etang de Berre et Côte Bleue ainsi que l'organisme Carsat.

Le projet "Gare de Niolon" sur le site de l'association TCap 21