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Jérémy Slih (Martigues Volley-Ball) : "Ce qui s'est passé, c'est quand même assez grave"

  • Sports
  • 18/05/2020 à 13h03
  • 07:03
K. Attab K. Attab
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On poursuit notre tour des clubs sportifs de notre territoire avec aujourd'hui l'interview du libéro du MVB Jérémy Slih. Confinement, Volley-Ball et vie de groupe, le "Martégal d'adoption" a des choses à dire...

Comme pour toutes les autres compétitions sportives, le championnat de Ligue B masculine de Volley-Ball s'est arrêté avec l'arrivée de la crise du Covid-19. Alors que le déconfinement a débuté en France le 11 mai, nous avons joint le libéro de Martigues, Jérémy Slih afin qu'il nous explique comment il avait vécu cette période, et comment il envisage la suite au niveau du volley

Jérémy Slih, bonjour, comment as-tu vécu la période de confinement ?                   

"Bien écoute, j'ai envie de te dire compliqué, comme tout le monde. C'est venu un peu comme ça même si on avait entendu quelques rumeurs, on ne s'y attendait pas trop. Si je me souviens bien, on s'est rendu vendredi 13 mars à l'entraînement, les dirigeants nous ont annoncé que la saison allait être provisoirement suspendue... Pendant un moment on était un peu dans l'attente pour savoir si la saison allait reprendre, mais après au fil du temps, on s'est rendu compte que c'était compliqué comme pour tous les sportifs de France et du monde en général. Ça a été un peu compliqué d'apprendre que la saison allait se terminer comme ça, avec un confinement compliqué."

Concrètement sur la plan physique, qu'est-ce que tu as pu faire pendant les deux mois de confinement ?                                                                                                               

"On avait le droit de sortir une heure par jour, alors de temps en temps je sortais faire un petit jogging du pâté de maison quoi. Mais sinon je pense que généralement comme tout le monde, on s'entretient un peu chez nous. Chacun a fait sa petite "muscu", sa petite méthode, pour s'entretenir un peu chez soi."

Du coup on est très loin de votre rythme habituel pour la pratique de votre sport pendant la saison.                                                                                                             

"De toutes façons c'était un contexte particulier. Ce qui s'est passé, c'est quand même assez grave. Maintenant avec le temps on relativise un peu. Personne ne s'y attendait, que ce soit nous le volley, ou le foot ou n'importe quel sport... Il y a quand même eu beaucoup de décès avec ce virus, donc avec le temps on relativise. Mais c'est sûr que ça n'est pas évident d'arrêter le sport comme ça, avec une saison qu'on ne termine pas. Donc oui c'est un peu compliqué de s'entretenir physiquement et même avec le temps qui passait, au début on se demandait comment on allait pouvoir reprendre sans s'entraîner. Ça aussi c'était aussi compliqué de pouvoir reprendre une compétition sans pouvoir s'entretenir avec du matériel, puis même de sortir, d'aller au gymnase. Mais bon on s'est adapté, on n'a pas eu le choix."

Au niveau du volley on ne sait pas grand-chose pour la suite. Quelle date pour la reprise des entraînements ? pour la reprise de la saison ? et même pour les joueurs qui n'ont pas de clubs officiellement.                                                                                 

"Alors écoute déjà, il y a quelques rumeurs notamment en Belgique où apparemment le championnat pourrait reprendre en janvier, donc nous on n'en sait pas plus. A l'heure d'aujourd'hui on ne sait pas si la saison, la compétition va pouvoir reprendre en octobre comme d'habitude. Bien sûr avant la compétition, il y a la préparation physique qui démarre au moins un mois et demi, deux mois avant, c'est à dire au mois d'août. On est dans l'incertitude là, on ne sait pas du tout, on vit un peu au jour le jour. On attend, j'espère des bonnes nouvelles, que ça va s'améliorer avec le temps, pour tout le monde, pas que pour nous les sportifs, pour les gens en général, qu'on puisse reprendre entre guillemets une vie normale.
Mais pour reparler du volley, nous les joueurs on est un peu dans le flou. En plus avec cette crise, sûrement qu'il y aura des clubs qui auront du mal à se relancer, à repartir. Voilà on est un peu dans le flou, je ne peux rien te dire de plus, je n'en sais pas plus que toi sur ce que la Fédération de Volley va faire. Je pense qu'eux aussi sont dans l'attente du gouvernement pour savoir comment s'organiser pour la suite."

Toi personnellement, tu es le joueur le plus ancien du MVB. As-tu un accord pour poursuivre ton aventure avec le club martégal ?                                                         

"Pour parler de moi, oui normalement je serai toujours martégal l'année prochaine, au Martigues Volley-Ball. J'ai vu un peu avec les dirigeants, donc logiquement moi je serai de la partie, mais te dire quand ça va reprendre, les nouveaux joueurs, moi je ne suis pas au courant."

Tu as des espoirs de pouvoir retourner à la plage pour pourquoi pas pratiquer le "beach volley" même s'il y a encore des incertitudes à ce sujet ?                                   

"Je pense oui, je pense que tout le monde espère ça. Je te le disais tout à l'heure, sans parler de pratiquer le volley sur la plage, je pense que les gens en général espèrent avoir un été, au moins au mois de juillet et en août de façon correcte, même si ça risque d'être assez compliqué.     Mais j'espère oui, ça fait toujours plaisir de retourner à la plage. Si on peut jouer au volley, ça fera plaisir de jouer avec les collègues, et ça voudra dire que les gens vont pouvoir se déconfiner encore plus, qu'on pourra reprendre une activité physique, peut-être même dans une salle de musculation. J'espère que ça va s'améliorer, et pourquoi pas se faire quelques parties de volley parce que c'est sûr que pendant deux mois ça a un peu manqué de faire du sport, de ne pas voir les collègues, le vestiaire, la vie de groupe ça manque. J'espère que ça va s'améliorer en tous cas, pour nous et pour tout le monde en général."

Tu parlais du manque que tu ressentais au niveau du vestiaire. Vous aviez un bon groupe cette saison, est-ce que vous avez gardé le contact pendant cette période de confinement ?

"Oui ça fait un moment que les joueurs on se connait bien, car pour certains ça fait un moment qu'on joue ensemble. Donc oui, on avait un bon groupe, même si pour reparler un peu de la saison, c'était un peu compliqué les matchs à la fin... Mais on voulait quand même tous aller en play-offs, on avait notre mot à dire en play-offs. Ça s'est arrêté c'est comme ça, c'est la vie, mais oui on a pris des nouvelles, pour savoir comment ça se passait pour chacun d'entre nous. Après c'était compliqué, c'est sûr que ça a manqué, je parle du groupe de Martigues, mais à mon avis des volleyeurs, de tous les sportifs en général qui ont arrêté leur saison comme ça, c'est sûr que ça leur manque, c'est obligé... toute l'année on fait ça, et d'un seul coup ça s'arrête. Donc voilà c'était pas simple du tout..."

 

Retrouvez l'entretien en "mode visio" avec le libéro du Martigues Volley-Ball Jérémy Slih.

(interview Karim Attab, Maritima Médias)