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Port Saint-Louis-du-Rhône : le maire démolit une friche industrielle à coups d'engin de chantier

Marial Alvarez et Benoît Macca devant les vestiges de la SOFBA.

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Marial Alvarez et Benoît Macca devant les vestiges de la SOFBA.

R. Reponty R. Reponty
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Huit bâtiments doivent être dépollués, désamiantés et démolis pour améliorer l’attractivité de la zone du Mazet, supprimer la pollution visuelle et libérer du foncier.

 Martial Alavarez lance la démolition des friches industrielles.
 Benoît Macca, l'ancien contre-maître de la SOFBA raconte.
 Démolition symbolique du bâtiment de la SOFBA.

Martial Alvarez, le maire de Port Saint-Louis-du-Rhône, a lancé aujourd'hui le chantier de démolition des friches industrielles de la presqu'île du Mazet en cassant lui même un angle du bâtiment de la SOFBA (Société française des bois d’Afrique). Aussi concerné celui de SDPA (Société de distribution des produits d’Afrique). Des années 60 jusqu'à la fin des années 80 ces deux sociétés recevaient du bois qui venaient majoritairement de Côte-d’Ivoire, transporté par la Compagnie Africa Line. Près de 150 personnes travaillaient sur ces deux sites durant les années les plus fastes. A la SOFBA, le bois était scié, retravaillé et repartait par train ou par camion. « J'ai travaille 26 ans ici, se souvient Benoît Macca, l'ancien contre-maître, je suis très ému par cette démolition parce que j'ai d'abord participé à la construction du site avant d'y travailler. J'ai creusé les fondations de ce grand bâtiment et j'ai habité là, juste à côté. Mais on ne peut pas laisser ça comme ça... (à l'état de friche, NDLR), moi je préfère qu'il fasse autre chose. Pour moi c'est une bonne idée. »
A la SDPA, le bois arrivait tout prêt, en fardeaux, et était simplement stocké avant de repartir. La chute du trafic fluvial sur le Rhône, l’essor du transport en conteneurs, la création du Port de Fos et la globalisation des transports ont ruiné l’activité industrielle au cœur de Port Saint-Louis. Et dans les années 80 la SOFBA et la SDPA ont fermé leurs portes

Faire table rase sans oublier le passé

Les travaux doivent durer quatre mois et ont pour objectif d'améliorer l’attractivité de la zone en supprimant une pollution visuelle et dangereuse mais surtout libérer du foncier. La reconversion de ces friches doit ainsi permettre à la fois de constituer de nouvelles réserves foncières pour l’activité économique et participer à la diversification des activités comme celle du nautisme déjà initiée depuis quelques années par le Pôle Nautisme, Mer & Développement. Ce dernier représente les dernières possibilités foncières sur le littoral métropolitain. Rares sont les terrains disponibles pour accueillir du développement économique en lien avec la mer et le nautisme dans la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Aussi, sur les 300 hectares du site de la Presqu’île du Mazet, environ 100 hectares sont ainsi prévus à l’aménagement, avec certainement des emplois à la clé. « C'est mon objectif, annonce fièrement Martial Alvarez, le maire de Port Saint-Louis-du-Rhône, je n'oublie d'où je viens, je n'oublie pas d'où vient ma population, le bassin port saint-louisien est profondément ouvrier. Je connais les histoires parfois tragiques qu'ont connues ces lieux. Je ne veux pas qu'on oublie l'histoire des hommes qui ont construit cette ville mais cette ville doit aussi se donner un avenir. »

Un atout maritime pour la métropole

À Port Saint-Louis-du-Rhône de multiples projets sont en cours d’étude pour faire du Pôle Nautisme, Mer & Développement un pôle euro-méditerranéen de la mer et du nautisme. Avec environ 3 500 places à terre et à flots actuellement, l’objectif affiché est d’atteindre les 4 500 emplacements, soit l’un des premiers sites portuaires européens. Dans cet élan d'autres projets devraient aussi voir le jour comme un parc public intergénérationnel, une navette touristique électro-solaire, une péniche-hôtel, une base d'accueil pour les catamarans, un espace tertiaire, un " batotel " pour petites unités, des activités ludiques à la plage Napoléon, un centre de formation aux métiers de la mer, un cluster des métiers de la mer, un site de débarquement pour les pêcheurs, une base nautique modernisée, une forêt environnementale éoliennes...
«Aux côtés de pôles identifiés comme Marseille ou La-Ciotat, poursuit Martial Alvarez, je souhaite permettre à Port-Saint-Louis-du-Rhône d'être un atout supplémentaire pour la métropole à l'embouchure du Rhône, un site remarquable, dans un état d'esprit de porte d'entrée de la Camargue, de porte d'entrée maritime, pour des filières inexploitées comme l'accueil des catamarans, leur mise à terre et leur entretien par exemple, et qu'au fur et à mesure nous construisions une véritable identité maritime à cette métropole. »

En vidéos : Martial Alvarez, maire de Port Saint-Louis-du-Rhône, Benoît Macca, ancien contre-maître de la SOFBA et la démolition symbolique du bâtiment de la SOFBA.

(Interviews, images et montage : Rémy Reponty pour Maritima médias.)