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Au Pays de Martigues, les femmes marchent au nom d'une santé égalitaire

Au Pays de Martigues, les femmes marchent au nom d'une santé égalitaire

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Au Pays de Martigues, les femmes marchent au nom d'une santé égalitaire

M. Montagne M. Montagne
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Elles sont parties ce matin de Saint-Mitre, Port-de-Bouc et Martigues, des dizaines de femmes ont quitté leurs communes respectives pour se rejoindre devant l'hôtel de l'agglomération, siège du territoire du Pays de Martigues. Leur but dénoncer l'inégalité hommes-femmes dans le domaine de la santé

 l'interview de Claire Aussilloux
 L'interview d'Antinéa Lestien
 l'interview de Nathalie Chorot-Vassalo

Nul ne peut désormais l'ignorer, encore moins le nier, de très nombreuses femmes sont victimes de violences notamment conjugales - le terrible décompte des féminicides nous le rappelle quotidiennement.
Victimes aussi de violences sexuelles, lesquelles se sont généralisées, transformant souvent pour les femmes isolées l'intégralité de l'espace public en lieu de tous les dangers.
Victimes, elles le sont également d'une inégalité flagrante dans le domaine des salaires.
Victimes, elles le sont toujours en ce qui concerne l'accès aux postes à responsabilités.
En revanche, en tant qu'homme, on pouvait croire les femmes au moins préservées en matière de santé au nom de l'égalité des soins, eh bien, depuis que le sujet commence à être abordé, on peut constater que ce n'est pas le cas et que la santé n'a rien d'un sanctuaire pour ces dernières : en vrac, on peut citer les agressions sexuelles, fréquentes, de la part de médecins qui abusent de leur statut de soignant pour perpétrer des gestes qui n'ont aucune valeur médicale, quand ils ne profitent pas tout simplement de la vulnérabilité d'une patiente sous anesthésie. Ou encore des gynécologues qui se permettent d'émettre des jugements culpabilisants à l'égard de celles qui viennent consulter, que ce soit au sujet de leur vie sexuelle, de leur volonté de ne pas avoir d'enfant ou à l'inverse, quand le médecin estime qu'elles en ont fait suffisamment (cette dernière remarque étant souvent émise avec une connotation raciste très implicite). Egalement une contraception chimique systématiquement à la charge de la femme ; des traitements qui, on le découvre depuis peu, ne correspondent pas aux spécificités du corps féminin (les tests médicamenteux étant essentiellement effectués sur des sujets masculins). Des symptômes qui, pour une même affection, différent selon que la victime est une femme ou un homme. Une évidence qui n'a pourtant jamais sauté aux yeux de la société, le coût, à la charge des femmes, de toute la panoplie des protections hygiéniques.
C'est la raison pour laquelle, aujourd'hui, la triple marche des femmes était consacrée à cette question spécifique de la santé. Une manifestation à l'initiative du Pays de Martigues par l'intermédiaire de son service observatoire et promotion de la santé, en partenariat avec de nombreuses associations du territoire comme V.I.E au féminin, le Zonta Club, Cyclosein, Henriette la voix d'un ange, Femmes Solidaires. Sans oublier de nombreuses associations sportives venues encadrer - et protéger - les trois défilés lors de leur déplacement sur la voie publique. A noter la présence de quelques hommes, très bien accueillis à l'intérieur des cortèges. 
Après un discours de Gaby Charroux, président du territoire, aux côtés de Patricia Fernandez, maire de Port-de-Bouc et Béatrice Aliphat, maire de Saint-Mitre-les-Remparts, trois femmes ont lu des paroles d'autres femmes, anonymes victimes d'agressions sexuelles ou de paroles humiliantes liées à des situations de soins, mais aussi d'autres paroles, plus encourageantes, de femmes qui avaient reconquis à la fois leurs corps et leur dignité. Des témoignages édifiants pour tous ceux qui croyaient vivre dans une société moderne, progressiste voire exemplaire. 

En vidéo, l'interview de Claire Aussilloux, en charge de la lutte contre les discriminations et de la promotion de l'égalité femmes/hommes au sein du conseil de territoire du Pays de Martigues ; d'Antinéa Lestien, de l'association rEGALons-nous, un collectif marseillais d'éducation populaire féministe ; de Nathalie Chorot-Vassalo, militante féministe de Port-de-Bouc