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Les riverains de Total-La Mède ne veulent toujours pas de ce PPRT

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Les riverains de Total-La Mède ne veulent toujours pas de ce PPRT

R. Chape R. Chape
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La 1ère réunion du Comité local d’information et de concertation depuis le recul de la mise en œuvre du Plan de prévention des risques technologiques de La Mède avait lieu ce matin. Les riverains attendaient les participants munis de banderoles explicites

 Les riverains de Total-La Mède ne veulent toujours pas de ce PPRT
Leur dernière manifestation avait eu lieu le 18 juin 2010, et depuis, ils ne désarment pas. Les riverains du site de Total-La Mède ne veulent pas du PPRT qui leur est proposé et continuent de le faire savoir à chaque fois qu'une occasion se présente. Ce matin, c'était une une réunion du CLIC, qui se déroulait dans des locaux situé sur la colline de la Vierge. La première depuis le recul de la mise en oeuvre du Plan, en présence notamment du sous-préfet et du responsable de la DREAL, le service de l'Etat chargé de son élaboration.
Pour rappel, le Plan de prévention des risques technologiques consiste à protéger les habitants vivants à proximité de sites industriels d'éventuels accidents, pouvant atteindre des sommets en terme de gravité selon les scenarii. Sur la base d'études réalisées en interne par le groupe Total sur le site de La Mède, des périmètres délimitant des zones de danger ont été tracés. Ces zones sont répertoriées par couleurs : du rouge, pour les territoires les plus exposés au risque, au bleu, pour ceux plus faiblement impactés.
Le Plan a plusieurs fois été présenté aux propriétaires concernés, lors de réunions publiques précédant son éventuelle mise en application. Et à chaque séance, l'auditoire oscillait entre stupeur et colère. Et pour cause, il propose de procéder à l'expropriation de tous les habitants situés en zone rouge, et d'obliger ceux qui sont situés en zone jaune (un peu plus loin), de procéder à des travaux à leur frais pour protéger leur domicile. Des conditions "inacceptables", qui ont déclenché de nombreuses manifestations à l'initiative des riverains, pour demander que l'on reprenne le dossier de "zéro".

"Réduire le risque à la source"
Le slogan des manifestants n'a pas changé : "Un autre PPRT pour notre sécurité". Ils étaient une soixantaine à se mobiliser ce matin, et parmi eux les représentants du Collectif PPRT 13, du Collectif de La Mède, de l'association du Val-des-Pins, ainsi que de nombreux habitants des Cornilles, du Paty, de la Gueule d’Enfer et de la Roche Percée. Tous remettent en cause la crédibilité du Plan, arguant qu'on ne peut se fier aux études de danger réalisées par Total, qui pourrait être amené à participer financièrement au projet (tout comme l'Etat et les communes de Martigues et la Mède), et donc à minimiser son coût dans cette opération. Ils demandent que les études de danger soient refaites par un organisme indépendant et la garantie que Total fasse le maximum pour les protéger.
"Ce que l’on veut, c'est que l’industriel réduise les risques à la source", lance Christian Patruno, du Val-des-Pins. "Un riverain ne doit rien payer, surtout pour renforcer une maison qui ne nous protègera pas lorsqu'on est à l’extérieur, sur une terrasse, dans un jardin, dans la rue ! Pourquoi paierait-on une nuisance générée par la raffinerie ?" Le problème, c'est que le représentant de la DREAL a spécifié en réunion publique que le Plan se construirait en restant "économiquement acceptable", conformément à ce qu'induit la loi Bachelot du 30 juillet 2003 relative à la prévention des risques technologiques.
"Combien vaut une vie humaine ? Nous on veut être en sécurité, Total doit se mettre en sécurité, on ne peut pas vivre dans des blockhaus", déclare Guy Dubois, habitant de La Mède. "Le risque à la source doit être réduit, il faut aller vers le risque 0". Une revendication bien comprise par Roger Reuter, le sous-préfet d'Istres : "Le principe du PPRT est de faire en sorte que l'on fasse le maximum pour que le risque reste circonscrit dans l'établissement, mais ce n'est pas toujours le cas, alors des travaux seront nécessaires, c'est la loi. Se pose ensuite le problème du financement des travaux sur lequel la loi ne s'exprime pas". Bref, il faudra surement attendre que "la loi" s'exprime pour y voir un peu plus clair.

Regardez l'interview du sous-préfet Roger Reuter réalisée par Didier Gésualdi et Daniel Cismondo. (Photos de Frédéric Munos)