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A Martigues, les passeurs de mémoire se racontent

U. Téchené U. Téchené
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Passeurs de mémoire, quand les anciens se racontent auprès des jeunes...
Ça s'est déroulé à Martigues, entre des membres de foyers du 3ème âge et des adolescents du service Jeunesse de la Ville. Tous ont participé à un après-midi dédié au devoir de mémoire.

Au foyer Charles Moulet dans le quartier de Mas de Pouane, une dizaine d'ados sont assis parmi les seniors. Au programme : des témoignages et un film en introduction. En l'occurrence le documentaire réalisé par l'historien Nicolas Balique : "Martigues, 1939-1945, de l’ombre à la liberté". Un choix de Dominique Bauza, médiatrice du service des archives de Martigues : « J'avais envie de réfléchir sur l'engagement et la résistance avec un travail intergénérationnel, explique-t-elle, ce film documentaire est une bonne base pour libérer la parole sachant que l'histoire locale peut amener à la Grande Histoire, doublé de témoignages qui sont primordiaux pour l'Histoire ».

Après la projection, comme espéré, la parole se libère : des anciens se souviennent de bribes de guerre durant leur enfance, un ancien combattant dit "du 4ème âge", raconte son débarquement en Italie avec son régiment de tirailleurs algériens et rappelle que « c'est nous qui avons libéré Marseille »... Jeunes et moins jeunes débattent alors. Lou est étonnée : « Ils ne nous ont pas raconté qu'une partie, ils sont rentrés dans les détails... », à l'image de l'ancien combattant qui parle de sa blessure à la fesse et des soins reçus par les Américains à Naples. Selma, 17ans, redécouvre sa ville de Martigues : « Je n’avais pas conscience de ce qu’avaient vécu les Martégaux pendant la guerre, concède-t-elle, Henri Tranchier, Di Lorto, les noms d'écoles de la ville..., je ne savais pas qu’ils étaient résistants et qu’ils avaient perdu la vie, que c'était des martyrs. Grâce à eux on est libres aujourd’hui ».

Fernand Sultana vient au foyer régulièrement. De son enfance passée en Algérie, il se souvient de bombardements par des avions nazis « qui décollaient d'Istres », précise-t-il. Pour lui cette demi-journée est salutaire: « C'est bien de faire ce passage de mémoire, ça permet aux jeunes de voir qu'il y a des choses qui se sont passées. Et de la manière qu'ils le vivent, là, ils pourront transmettre ensuite ». A 87ans, il compte environ 70 printemps de plus que Laura du service Jeunesse. Mais sur cette question de la transmission, ils se rejoignent :  « Ce sont les souvenirs de la France, dit-elle, en tant que citoyenne et citoyen on se doit de transmettre ça dans le futur à nos proches... Que ça se perde jamais ! ». Une preuve, si besoin, que le témoignage vivant est effectivement un excellent passeur de mémoire.

Retrouvez en vidéo le reportage de Caroline Lips et Ulrich Téchené – Maritima Médias.