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A Martigues, "Touche pas à ma Poste !"

A Martigues,

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A Martigues, "Touche pas à ma Poste !"

M. Montagne M. Montagne
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Ils étaient quelques dizaines à avoir bravé le vent glacial pour manifester contre la dégradation progressive de la distribution du courrier. Une mobilisation qui va faire le tour des quartiers les plus menacés, à commencer donc par Canto-Perdrix ce matin

 Témoignages d'usagers déçus
 Les explications d'un employé de la Poste

Si vous avez connu un facteur ou une factrice dont vous connaissiez sinon le prénom, du moins le visage, un visage devenu familier au fil des années et des passages quasi quotidiens, eh bien c'est que vous êtes âgé.e d'au moins une cinquantaine d'années !

Difficile en effet aujourd'hui de reconnaître et encore moins de connaître celle ou celui préposé.e à la distribution de votre courrier : pas le temps de s'arrêter pour discuter, pas le temps de sonner pour vous remettre un colis, un simple avis de passage directement dans votre boîte suffit puisque de toute façon, le colis vous attend systématiquement au bureau de poste le plus proche (si entre-temps il n'a pas fermé).
Et puis l'intérimaire - car il y a de fortes chances que ce soit le statut de votre "facteur" - ne passe pas tous les jours et de toute façon, si vous avez la chance de le croiser, il vous sera difficile de sympathiser avec lui puisque ce dernier n'est pas affecté à votre quartier, en tout cas, pas pour de nombreuses années.
Le constat parait caricatural et pourtant c'est ce qui ressort des témoignages glanés à la maison de quartier Jeanne Pistoun à Canto-Perdrix ce samedi matin.
Courriers non reçus , presse magazine ou quotidienne distribuée avec retard (ce qui est fâcheux quand il s'agit des programmes télé de la semaine et ce qui n'arrange évidemment pas les affaires de la presse écrite qui traverse déjà des moments très difficiles), la liste des griefs envers la Poste de la part de ses usagers est longue.

Au lieu d'usager, il est désormais plus judicieux de parler de clients tant le socle "service public" sur lequel reposait l'institution s'effrite inéluctablement pour laisser peu à peu la place à une entreprise privée dont l'objectif avéré est désormais le profit et donc la réduction des coûts, et ce, quoi qu'il en coûte... 

Nul besoin donc d'invectiver le pauvre préposé à la distribution en raison de son apparente incompétence voire sa désinvolture ou encore de le noter sévèrement dans un questionnaire dit de satisfaction, il n'y est non seulement pour rien mais il est même au contraire tenu par sa hiérarchie de ne pas perdre de temps à vous satisfaire, en vertu du bon vieil adage anglo-saxon time is money : eh oui, il n'y a pas que les sportifs à être chronométrés.

Et depuis que les usagers sont devenus des clients, tous les clients sont certes égaux mais il y en a de plus égaux que d'autres. Il faut le savoir, les industriels paient en effet pour qu'on leur achemine leur courrier alors que l'usager/client, lui, ne règle rien pour la réception de sa correspondance, il est donc plus intéressant pour la Poste de livrer à Lavéra les industries qui paient les prestations que les particuliers pour qui le service est - pour l'instant du moins - encore gratuit.

Ce constat de l'éloignement progressif mais inexorable entre la Poste et ses usagers est d'autant plus terrible que la période d'épidémie que nous avons traversée a mis au contraire en lumière le besoin et les vertus de la proximité. 

D'où ce mouvement de contestation initié par le Comité de vigilance postale de Martigues qui avait déjà lutté, en vain, contre la fermeture programmée du bureau de Lavéra, et ce en dépit du soutien inconditionnel des élus locaux. 
Des élus de nouveau mobilisés ce matin au côté de la population en la personne du député Pierre Dharréville, du maire Gaby Charroux ainsi que de plusieurs adjoints et conseillers municipaux. 
Le maire qui annonçait justement être parvenu - difficilement - à décrocher cette semaine une entrevue avec une direction régionale de la Poste apparemment pas très empressée à l'idée de rencontrer les élus de la République.


En vidéo, les témoignages de Michèle, habitante de Jonquières, d'Annie, Martine et Claudine, les trois copines de Canto-Perdrix, de Thierry, un Martégal exaspéré et de Francis Fournier, à la tête du comité de vigilance postale de Martigues.
Et les explications de Frédéric Beringuier, guichetier de la Poste et syndicaliste CGT.