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Les anciens combattants chibanis gagnent leur combat

Les anciens combattants chibanis gagnent leur combat

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Les anciens combattants chibanis gagnent leur combat

U. Téchené U. Téchené
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Les anciens combattants d'Afrique du Nord étaient obligés de revenir en France pour toucher leur retraite de guerre. Mais ça vient de changer. L'exemple avec un chibani qui a "fait l'Indo".

 

Il s'appelle Ahmed Bahhiya. Il a 89 ans, né en 1933 à Marrakech. A 20 ans, il s'engage dans l'armée française pour la guerre en Indochine où il combat de mars 53 à juin 55. Il en revient blessé, la cicatrice en témoigne. Croix de Guerre T.O.E., plusieurs citations et médailles... et pas de pension d'ancien combattant puisqu'il vivait au Maroc !

Mais avec le gouvernement Chirac la loi change. Les anciens combattants issus des anciens protectorats ou colonies peuvent bénéficier d'une retraite... à la condition obligatoire de résider 6 à 9 mois sur 12 en France, selon leurs conditions de logement. C'est ainsi que 4000 anciens combattants d'Afrique du nord débarquent en France dans les années 2000, dont Ahmed Bahhiya âgé de 69 ans. Depuis 2002, il vit dans une chambre de 9m2 d'une résidence Adoma, entre celles de Rassuen à Istres et de St-Jean à Martigues. Loin de chez lui ; de sa famille ; de ses 8 enfants et nombreux petits-enfants ; de sa femme décédée entre temps...

Comprenons bien la chose : Ahmed n'est pas, et n'a jamais été un immigré. Sa vie s'est toujours déroulée au Maroc, ayant fait une carrière militaire dans l'armée royale. C'est l'Etat français qui a obligé l'ancien combattant Ahmed Bahhiya, s'il voulait toucher sa pension, à rester sur le sol national la majeure partie du temps; pour environ 400 Euros en 2002, retraite revalorisée depuis.

Des 4.000 anciens combattants déracinés il y a plus de 20 ans, un bon nombre sont décédés aujourd'hui... Pour l'exemple du triangle Istres-Martigues-Port de Bouc, d'une dizaine en 2012 il n'en reste plus que 3... Cette injustice a été prise à bras le corps par un bon nombre de travailleurs sociaux, de militants associatifs appuyés par quelques politiques. Jusqu'en 2021 où le dispositif intégré à la loi de l'aide au retour est enfin modifié : il permet désormais aux anciens combattants de toucher leur retraite de guerre sans obligation de résidence en France.

Pour Ahmed Bahhiya le combat est gagné. Ce dimanche il est retourné à Marrakech auprès des siens. Et de nombreux anciens combattants restés au pays, et pour qui le droit était bafoué, peuvent faire tout en restant chez eux une demande légitime pour cette retraite spécifique.

Retrouvez en vidéo le témoignage d'Ahmed Bahhiya avec la traduction d'Adil Fajry.