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Les pêcheurs de loisir "vent debout" face à la réglementation

S. André S. André
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Ce samedi matin 27 mars, s'est déroulée la deuxième action de contestation menée par le collectif du Golfe de Fos jusqu'à l'étang de Berre, contre la réglementation qui réduit, drastiquement, leurs pratiques sur le chenal de Caronte et dans le golfe de Fos. Près de deux cents bateaux de pêche amateurs y ont participé

 
Après une première mobilisation en octobre, les pêcheurs sont repartis "au combat", ce matin, contre la réglementation de la pêche de loisir dans le Grand port maritime de Marseille. Cette fois, c'est en bateaux, qu'ils ont tenu à manifester. Ils sont partis de « la passe », c'est-à-dire de l'entrée du chenal de Caronte qui relie la Méditerranée à l'étang de Berre. Près de deux cents bateaux ont parcouru les 6,5 kilomètres jusqu'au pont levant de Martigues pour montrer aux autorités, la sous-préfecture, que eux, les pêcheurs de loisirs, ne se laisseront pas faire ! L'un d'eux transportait le maire de Martigues, Gaby Charroux, celui de Port-de-Bouc Laurent Belsola et de Fos-sur-Mer, Jean Hetsch, qui soutiennent cette contestation.

Une contestation qui remet en cause la réglementation établie en juillet 2020. Un texte qui leur impose, qu'ils soient en bateau ou au bord du canal, un quota de pêche (5 prises par jours, loup et daurade), mais aussi des horaires restreints en journée, les empêchant de pêcher la nuit. De plus, les rives du chenal de Caronte dépendant du Grand Port Maritime de Marseille, ne sont pas toutes accessibles, et les endroits autorisés à poser sa canne ne sont pas suffisants pour le nombre de personnes s'adonnant à cette pratique. Il faut savoir que l'endroit est très prisé des amateurs qui peuvent venir des environs, mais aussi de plus loin, comme du Vaucluse, de l’Hérault, du Var, du Gard... Tous ces points, le collectif a souhaité les réaborder, au début du mois de mars, avec Jean-Marc Sénateur, le sous-préfet, mais la rencontre fut sans résultat : « Nous lui avons présenté quelques éléments qui pouvaient arranger les choses et satisfaire tout le monde, mais ils n'ont pas été entendus, explique Fabrice Vidal, l'un des organisateurs. Les décisions ont été prises sans nous concerter, sans avoir le point de vue des pêcheurs du bord et celui des plaisanciers. »

Le collectif (composé de 29 associations, de sociétés nautiques et de quatre fédérations) propose notamment que la pêche de loisir soit encadrée par ses fédérations, que le nombre de poissons pêchés soit au moins égal à celui du établi dans le parc des Calanques qui est de 7kg pour une personne « du bord » et jusqu'à 20 kg pour un bateau (par jour): « Nous ne sommes pas une réserve, il n'y a pas de problème au niveau des ressources, ajoute Fabrice Vidal. Pourquoi nous interdire de pêcher la nuit ? La pêche à la canette est une tradition à Martigues.» Il réfute aussi le chiffre avancé par le Gipreb, selon lequel cette pêche de loisir représenterait près de 780 tonnes de poissons attrapés chaque année : « La pêche professionnelle fait 40 tonnes et nous, on en ferait 780 ? La façon avec laquelle ça été calculé n'a rien de fiable. Ils font cela pour nous accabler. »

L'homme admet néanmoins que, le long du canal, des comportements irrespectueux, comme les déchets laissés sur place, parfois même jetés à l'eau, ou encore les pollutions sonores tard dans la nuit, sur les quais du du canal Galliffet, posent certains problèmes et salissent l'image de cette pratique : « Il y a des gens qui sont là pour pallier à cela, on peut y remédier, ajoute-t-il. Les quais permettent à ceux qui ont des difficultés pour se déplacer de continuer à pêcher, comme les personnes qui sont en fauteuil roulant, les anciens... Non, vraiment on ne comprend pas.»

Le collectif du Golfe de Fos jusqu'à l'étang de Berre a montré, ce samedi 27 mars, sa détermination. Il assure vouloir faire annuler cet acte administratif et ce, par tous les recours possibles, à défaut de pouvoir s’asseoir autour d'une table et de réfléchir à une solution commune.

 Photographie: Frédéric Munos

https://www.bouches-du-rhone.gouv.fr/content/download/37336/212723/file/recueil-13-2020-181-recueil-des-actes-administratifs%20du%2025%20juillet%202020.pdf

Écoutez le ressenti de quelques pêcheurs: Tayeb Azzoug, Lilian Calderon et Marc Giorgetti, ainsi que la parole de Gérard Frau, conseiller départemental et adjoint à la Ville de Martigues et celle de l'un des organisateurs, Fabrice Vidal.