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Martigues: les associations réclament la régularisation de la situation des réfugiés

 Les associations réclament la régularisation des réfugiés.

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Les associations réclament la régularisation des réfugiés.

S. André S. André
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Les associations citoyennes et caritatives martégales participent à la Campagne collective nationale pour l'égalité des droits et demandent la régularisation des personnes sans-papiers sur leur territoire

C'est un appel unanime qu'ont réalisé les membres de différentes associations martégales, ce samedi 13 juin, en fin de journée. Se sont retrouvés, devant le café associatif Le Rallumeur d'étoiles, la Ligue des droits de l'homme, le Réseau Education Sans Frontières, le Mouvement pour la paix, Amnesty international, l'Asti et le collectif Solidarité migrants créé, il y a deux ans, par le Parti communiste. Étaient aussi présents le député de la 13e circonscription Pierre Dharréville et différents élus martégaux tels que Gérard Frau, adjoint à la Ville de toutes les égalités et représentant du Conseil Général

Cette convergence a pour objectif de réclamer, au niveau national et européen, la régularisation générale et inconditionnelle des personnes sans-papier sur notre territoire et le respect de leurs droits fondamentaux : « On demande une régularisation pérenne parce qu'il y en a marre des titres de séjours qu'il faut renouveler chaque année, s'insurge Frédéric Grimaud, élu martégal et membre de RESF. Ces renouvellements coûtent cher aux demandeurs et c'est véritablement du racket. Inconditionnelle, parce qu'à partir du moment où les gens vivent ici, ils doivent avoir le même accès aux droits que les autres. On demande une régularisation immédiate parce que ça a trop duré ! »

Depuis la sortie du confinement, tous ont pu constater que les choses reprenaient leur cours avec leur lot d’inhumanité. A Martigues (commune appartenant à l'association nationale des villes et territoires accueillants), ce sont une dizaine de réfugiés qui se sont vus rattrapés par la réalité en recevant une OQTF, c'est à dire une obligation de quitter le territoire français : « Ce sont des individus, mais aussi des familles avec des enfants en bas âge, détaille Georges Fournier, président de de la Ligue des droits de l'homme. A partir du moment où leur demande d'asile ou de régularisation est déboutée, ils ne sont plus pris en charge par les institutions. Ils deviennent invisibles aux yeux de la République. Nous, associations, tentons de les aider et de les accompagner dans leurs démarches. »

La plupart de ces personnes sont originaires d'Afrique : de Guinée Conakry, de RDC, de Côte d'Ivoire ou encore du Mali : « Il y a une liste des pays que le Ministère des affaires étrangères français considère comme sûrs, ajoute Gorges Fournier. Bien sûr, ce sont souvent des pays avec lesquels nous avons des accords commerciaux, et leurs ressortissants ont moins de chances de voir leurs demandes aboutir favorablement. C'est aussi bête et terrible que cela. » Les démarches entreprises s'avèrent longues et laborieuses auprès du Tribunal administratif de Marseille. Des recours ont été déposés auprès de cette instance afin de contester un certain nombre de décisions. C'est un important travail d'instruction des dossiers qui est réalisé par les associations soutenues par une avocate. Une personne seule et ne maîtrisant pas la langue ne peut faire face à cette machine administrative que beaucoup associent à un parcours du combattant : « Quand ils arrivent dans nos locaux, ils sont désespérés, témoigne Catherine Besnard, la responsable de l'Asti, l'association de Solidarité des Travailleurs immigrés de Martigues qui œuvre pour leur intégration. Ils se retrouvent sans rien, sans argent, sans toit, sans pouvoir travailler. Ils ont une peur réelle de retourner dans leur pays. »

Les associations ont obtenu, pour l'instant, l'annulation d'un cas d'obligation de quitter le territoire. La lutte se poursuit. Le 20 juin aura lieu la Journée internationale des réfugiés initiée par les Nations-Unies. A cette occasion, elles se rassembleront une nouvelle fois devant le foyer Adoma, situé dans le quartier de Croix-Sainte, à 10 h. Elles prendront la parole afin de renouveler leur demande de régularisation de tous les sans-papiers : « Nous avons raison de nous mobiliser car c'est notre humanité qui est mise en cause, conclut le député Pierre Dharréville. Malgré nos interpellations, les choses n'ont pas changé. Cela ne peut pas durer. Nous avons besoin de prendre en compte toutes les situations parce que c'est ce qui créera une meilleure condition commune. »

Le pont

Un collectif appelé Le pont s'est, récemment, organisé à Martigues. Il regroupe des médecins psychiatres et des infirmières psychologues bénévoles. Ils ont pour objectif de prendre en charge les personnes présentant des stress post-traumatiques dus à leurs parcours de réfugiés. Des paramètres qui ne sont actuellement pas pris en compte dans les dossiers d'instruction. Une dizaine de personnes bénéficie de ce nouveau dispositif.