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Martigues: même la Protection Judiciaire de la Jeunesse ouvre ses portes

Martigues: même la Protection Judiciaire de la Jeunesse ouvre ses portes

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Martigues: même la Protection Judiciaire de la Jeunesse ouvre ses portes

U. Téchené U. Téchené
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La journée annuelle Portes Ouvertes de la Protection Judiciaire de la Jeunesse a été synchronisée ce 20 novembre avec l'anniversaire de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le cas à Martigues avec le foyer de la Villa Saint-Roch.

 Stéphane Coupard, dir. de service Établissements de Placement Éducatif Martigues-littoral
 Pierre Pibarot, directeur territorial de la PJJ des Bouches-du-Rhône

La Villa Saint-Roch à Martigues est plutôt discrète. Foyer de la PJJ, Protection Judiciaire de la Jeunesse dépendant du Ministère de la Justice, il accueille en continu 11 à 12 mineurs de 14 à 18 ans, placés pour des durées variant de 6 mois à 1 an. 80% viennent des Bouches-du-Rhône et de la région PACA, tous arrivent ici suite à une ordonnance de placement délivrée par le juge des enfants ou le juge d'instruction en fonction des situations ou des actes de délinquances commis. Dans ce foyer les adolescent possèdent une chambre individuelle avec lit, placard et petit bureau. Les sanitaires sont communs et pour cela, même si la théorie veut que la Villa Saint-Roch soit mixte, c'est surtout des garçons qui y sont acceptés. Cuisine et pièce de vie communes, balcon, cour extérieure, jardin potager, la Villa Saint-Roch est une « unité éducative d'hébergement collectif », foyer moins draconien qu'un centre « éducatif fermé » ou « renforcé ». Cela veut dire que les adolescents peuvent avoir des heures autorisées de sorties. Si d'aventure ils « disparaissent », ils sont considérés comme « sortis sans autorisation » avant 19 heures, « en fugue » après 19 heures avec signalement immédiat au commissariat

Près de 80% de ces mineurs sont désocialisés en arrivant, vivant la nuit, dormant le jour, déscolarisés parfois depuis 3 ans. Dans cette alternative à l'incarcération, la mission de la PJJ est de les réinsérer socialement et professionnellement, leur donner une autre vision du monde que celui de la délinquance avec l'objectif d'éviter la récidive. Pour cela 14 éducateurs se relaient 365 jours par an 24 heures sur 24, prenant en charge les jeunes dès leur entrée au foyer. Un planning précis est dressé qui ne les laisse jamais désœuvré. Des partenariats avec diverses structures, telles qu’Emmaüs, l'association Graines de Soleil ou Troc de L'île par exemple, permettent de découvrir le monde du travail, d'ouvrir des stages jusqu'à décrocher des contrats d'embauche.

Au bout du temps imparti de placement, le mineur selon sa progression au foyer peut retourner dans sa famille (avec suivi éducatif), être à nouveau placé dans le même établissement ou dans un autre identique ou plus strict, voire être incarcéré. En quelques chiffres nationaux : 73% des infractions de mineurs sont non violentes avec 93% de réponses pénales ; le pourcentage de mineurs mis en cause est stable depuis 2000 (3%) ; près de la moitié des placements s'effectuent dans des foyers type Villa Saint-Roch ; 143.300 jeunes suivis ; Entre 2010 et 2017, le pourcentage de récidive est passé de 21% à 17,5%. (source ministère de la Justice ; service de la sécurité intérieure 2018).

Quant à l'inscription de la Protection Judiciaire de la Jeunesse dans l'anniversaire de la Convention internationale des droits de l'enfant, elle coule de source. Partant du principe que l'éducation est au cœur de la prise en charge de ces jeunes par la PJJ, cette dernière fait partie intégrante de la protection de l'enfance.

En vidéo Stéphane Coupard, directeur de service des Établissements de Placement Éducatif Martigues-littoral ; Pierre Pibarot, directeur territorial de la PJJ des Bouches-du-Rhône.