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Plus de moyens pour prendre en charge les victimes de violences intrafamiliales

Plus de moyens pour prendre en charge les victimes de violences intrafamiliales

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Plus de moyens pour prendre en charge les victimes de violences intrafamiliales

M. Chaix M. Chaix
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Hier, un séminaire sur les violences intrafamiliales s'est tenu au Palais du Pharo en présence de victimes et de représentants de la police. Depuis le début de l'année 2022, 22 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint en France. Les dispositifs de lutte se renforcent pour enrayer ce fléau

 Carine Bianucci major zonal de la sécurité publique.
 Nadia, victime de violences

La région Provence-Alpes-Côte d'Azur est la troisième région de France en nombre d'appels au 3919, le numéro national de référence pour les femmes victimes de violences. 600 plaintes sont déposées chaque année dans le département des Bouches-du-Rhône dont 70% à Marseille. "J'appelle toutes les femmes à persévérer dans leur démarche" encourage Nadia, victime de violences intrafamiliales. Pour cette mère de famille, l'enfer démarre en 2019. Elle subit du harcèlement psychologique et des violences physiques de la part de son ex-compagnon avec lequel elle ne vit plus. Commence alors un véritable parcours du combattant pour être entendue. "Je suis allée au commissariat plusieurs dizaines de fois, mais à chaque fois je n'étais pas écoutée".

Deux tentatives de suicides et plusieurs passages à l'hôpital plus tard, elle pousse un jour la porte du commissariat de Noailles à Marseille. On est en février 2021 et une policière l'écoute enfin. Elle est prise en charge par une aide médico-sociale, une psychologue et une enquête est lancée.  Son ex-compagnon est finalement incarcéré. Elle aura reçu entre temps près de 7000 messages de menace de mort. Aujourd'hui, elle adresse à toutes les femmes un message d'espoir : "la justice est là, il faut persévérer".

"Rendre plus humaine la prise en charge"

Depuis 2021, les dispositifs de lutte contre les violences faites aux femmes se sont renforcées. En juillet, un code couleur a vu le jour dans les commissariats avec une signalétique différente et deux files d'attentes distantes. Le rond orange est destiné aux personnes victimes de viol, de violences conjugales ou intrafamiliales et le rond bleu est destiné aux victimes d'une autre infraction. L'idée est de permettre une meilleure prise en charge et d'accélérer les dépôts de plainte. Dans la zone sud, plus de 80% des policiers ont été formés sur les questions de violence conjugales."Cette formation a permis de modifier notre façon de faire, notre façon d'écouter les victimes" confie Carine Bianucci, major zonal de la sécurité publique.

Plusieurs outils sont également à la disposition des victimes : le téléphone grave danger, l'ordonnance de protection ou encore le bracelet anti-rapprochement. "Tous ces moyens ont permis de développer une certaine empathie qui permet de rendre beaucoup plus humaine la prise en charge des victimes", conclut Carine Bianucci.