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Quel avenir pour la rue d'Aubagne ? Les habitants de Noailles comptent bien donner leurs avis.

C. AMOUROUX C. AMOUROUX
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Tout un îlot d'immeubles, du 65 au 83 rue d'Aubagne, pourrait être racheté par la Métropole et la Ville. De quelle manière ? Pour en faire quoi ? A Noailles, collectifs et citoyens se sont réunis pour élaborer des propositions et se faire entendre.

Une enquête préalable à une Déclaration d'Utilité Publique. C'est du chinois. C'est pour y voir plus clair que le collectif Un Centre Ville Pour Tous a organisé un atelier populaire ce matin au pied des escaliers du Cours Julien. A quelques mètres, les immeubles concernés par le projet sont entourés de barrières. "On est surtout là pour expliquer ce qu'est une DUP", prévient Emmanuel Patrice co-président du collectif. "C'est la méthode qui permet à l'institution d'exproprier, de racheter les immeubles si les propriétaires ne veulent pas les vendre à l’amiable. Derrière on peut faire un peu ce qu'on veut". Plus précisément ici, il s'agirait d'une DUP réserve foncière. C'est à dire que les immeubles sont "réservés" sans connaître la nature du projet. Ce doit être une opération d'urbanisme importante et il doit exister une certaine urgence à acquérir les terrains.

Une méthode contestable?

Y a-t-il un caractère urgent pour les numéros 65 à 83 ? La question se pose selon le collectif Un Centre Ville Pour Tous car certains bâtiments n'ont pas de problème majeur et ne constituent pas un danger. La méthode de la DUP pose donc question : "d'autres outils existent, rappelle Emmanuel Patrice, comme les travaux d'offices par exemple". Autre reproche fait à la méthode, c'est le manque de concertation : "on active un outil particulier sans avoir discuté et défini avec les gens concernés ne serait-ce qu'une orientation, un contour", souligne le collectif. C'est aussi l'objet de l'atelier populaire qui s'est tenu en bas des escaliers du Cours julien. Les personnes présentes ont échangé et proposé des idées. Elles ont été retranscrites et seront transmises au commissaire enquêteur du projet. 

Depuis les effondrements, des habitants dans l'incertitude

Certains n'ont pas attendu et ont pris les devants plus tôt dans la semaine: "Je suis allée voir moi-même le commissaire enquêteur rue Fauchier, explique une habitante, je lui ai donné une lettre et nous avons échangé". Ce n'est d'ailleurs pas la seule à avoir fait cette démarche. Beaucoup souhaitent savoir ce que va devenir la rue et attendent désespérément des réponses: "On ne nous dit rien, j'ai appris pour la DUP en lisant la presse... Qu'est ce qu'ils vont faire ? Détruire les immeubles, les réhabiliter ?". Habitante de la rue d'Aubagne depuis 1994, elle redoute la gentrification de son quartier. Une peur partagée par la plupart des personnes présentes lors de l'atelier.

Les habitants souhaitant participer à l'enquête sur le projet de DUP peuvent exprimer leurs opinions, questions et propositions au commissaire enquêteur. Il faut remettre les écrits avant le jeudi 25 février 16h au 40 rue Fauchier.

Ci-dessus, l'interview de Emmanuel Patrice, co-président d'Un Centre Ville Pour Tous qui a animé l'atelier.