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Bouches-du-Rhône : déjà 1000 conseils de sécurité contre la délinquance du quotidien

Le 1000ème conseil de sécurité à la mairie du 3ème arrondissement.

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Le 1000ème conseil de sécurité à la mairie du 3ème arrondissement.

R. Reponty R. Reponty
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Le millième conseil de sécurité du département vient d'avoir lieu à Marseille, explications et bilan d'étape de ce travail contre la délinquance de bas d'immeuble.

 Olivier de Mazières explique les conseils de sécurité.

Sur les 1000 conseils de sécurité tenus dans le département 479 se sont déroulés à Marseille depuis qu'ils ont été créés en mai 2018. Mesure phare de la police de sécurité du quotidien, les conseils de sécurité sont des instances qui se réunissent tous les quinze jours et fonctionnent sur le principe du partenariat. Les participants sont les maires, la police nationale, la police municipale mais aussi les bailleurs sociaux, les transports publics, l'éducation nationale, les associations de commerçants, les CIQ et d'autres encore en fonction des problématiques à traiter. L'idée étant d'apporter une réponse concrète, opérationnelle et rapide à ce qu'Olivier de Mazières, le préfet de police des Bouches-du-Rhône, appelle : «  La délinquance de bas d'immeuble. Ce sont des faits de délinquance qui pris individuellement pourraient paraître relativement anodins mais qui sont en réalité ceux qui compliquent la vie des habitants, ceux qui parfois peuvent rendre un voisinage insupportable. »

Une méthode partenariale

Tapages, nuisances nocturnes, occupation des parties communes d'immeuble, rodéos urbains, sécurité aux abords des établissements scolaires, privatisation de la voie publique ou encore stationnements sauvages, tout ces tracas de la vie quotidienne sont passés au crible dans ces réunions de travail. Comme les réponses à ces faits délictueux ne relèvent pas toujours que de la police, qu'elle soit nationale ou même municipale, l'idée est de partager les informations entre les différents acteurs du conseil de sécurité pour que chacun puisse déterminer la réponse spécifique ou la partie de réponse complémentaire avec celle d'autres services à apporter pour traiter le problème dans les quinze jours, voire le mois qui suit, au plus tard.

Des quartiers en reconquête

Le 3ème arrondissement de Marseille n'a pas été choisi par hasard pour célébrer ce 1000ème conseil de sécurité car c'est aussi un quartier de reconquête républicaine avec des renforts de trente effectifs de police nationale et où le partenariat des divers acteurs de la sécurité fonctionne bien. « On a bien constaté une amélioration concernant les violences faites aux personnes sur la voie publique » confie Lisette Narducci, maire du 2ème secteur (2ème et 3ème arrondissements). En une année près de 80 dossiers ont été traités et résolus précise David Heinfling, le capitaine de police du commissariat du 3ème arrondissement : « La plupart du temps ce qui nous est remonté c'est l'économie souterraine, les professions réglementées avec le travail dissimulé, les trafics de stupéfiants et des occupations de hall d'immeuble comme des stationnements gênants. »

Le numérique pour réagir plus vite

Une application numérique pour téléphone portable va être expérimentée dans quelques arrondissements de Marseille. Elle permettra de mettre en liaison l'ensemble des partenaires du conseil de sécurité afin d'activer une sorte de conseil de sécurité dématérialisé et ainsi, des signalements, des photos ou des problématiques particulières pourront être échangés en permanence afin de réduire encore plus le délai de réponse des autorités face à ce type de délinquance.  « La police ne se consacre pas uniquement aux grandes affaires criminelles, conclut le préfet de police, Olivier de Mazières, elle se mobilise aussi pour répondre à ces petits faits de délinquance quotidienne qui en réalité sont les plus insupportables pour nos concitoyens. »

Les chiffres de la délinquance en baisse

Si les conseils de sécurité ne sont qu'un des maillons de la sécurité en général, il contribuent très probablement à la baisse de certaines statistiques de la délinquance. À Marseille depuis le début de l'année 2019 les atteintes aux biens ont baissé de - 7% et les atteintes aux personnes de - 4% par rapport à la même période l'an dernier.

En vidéo : l'interview d'Olivier de Mazières, préfet de police des Bouches-du-Rhône.

(Interview et images : Rémy Reponty pour Maritima médias.)