Temps forts

PPRT. Les riverains de Total n'auront pas à payer

Les riverains ont multiplié les manifestation pour que la loi sur le PPRT soit révisée.

1/1

Les riverains ont multiplié les manifestation pour que la loi sur le PPRT soit révisée.

C. Lombard C. Lombard
Partagez cet article
  • Pratager sur Google+

Ça avance pour les riverains de la raffinerie Total la Mède, tout au moins sur le volet financier. Hier une réunion s'est tenue sur le financement de la mise en sécurité des maisons. Un accord a été trouvé pour que les riverains n'aient pas à payer.

Réalisation de locaux de confinement, remplacement des vitrages simples par des vitrages feuilletés, renforcement de l’ancrage des cadres des ouvertures extérieures... Voila quelques exemples de travaux qui devraient être demandés aux riverains de l'usine Total de La Mède. Plusieurs centaines d'habitants, trop près de la raffinerie classée en SEVESO 2 sont concernés par ces mesures issues de la loi Bachelot. Pour certains propriétaires, l'ardoise risque d'être salée, et d'atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros.

En 2009, il était prévu que 70% de ce montant serait à la charge du propriétaire, mais depuis, à force de contestations et de négociations, il vient d'être décidé que les riverains n'auraient rien à payer. Un accord a été trouvé lundi au cours d'une réunion en présence des financeurs. Vincent Burroni y participait, le député-maire de Chateauneuf-les-Martigues se réjouit de cette avancée pour éviter « la double peine des riverains de courir le risque et de le financer ». L'élu précise tout de même qu'il reste opposé à ce PPRT (Plan de Prévention des Risques Technologiques).

Concrètement, si cet accord est validé, 70% du financement sera à la charge de l'État et des collectivités locales : 40% en crédit d'impôts, 30% par MPM (Marseille Provence Métropole), la CAPM (Communauté d'Agglomération du Pays de Martigues), et dans une moindre mesure par le Conseil Général des Bouches-du-Rhône.
L'entreprise Total aura a sa charge le reste, c'est à dire 30% du coût total des travaux estimés à 18 millions d'euros.

Une nouvelle accueillie pourtant fraichement par les riverains. Sylvestre Puech regrette que Total « ne mette pas plus la main à la poche, la solidarité nationale ne fait pas tout », ajoute le coordinateur du Collectif PPRT 13. Qui plus est, dans l'hypothèse qui semble être retenue, les riverains devront faire l'avance des frais avant d'être remboursés par le crédit d'impôt.
Mais Sylvestre Puech est surtout agacé par le fait que les acteurs du dossier considèrent que le PPRT est déjà acté : « c'est une manière de faire accepter le PPRT sans résoudre le problème de la sécurité des riverains ». Lui, demande un moratoire avec une remise à plat de la loi Bachelot.

Pendant ce temps l'enquête publique sur ce PPRT de Total la Mède suit son court, elle se termine vendredi. Le commissaire enquêteur rendra son rapport en février. Le préfet pourrait ensuite demander son application dès le printemps prochain.