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Développer une application de rencontres à l'aveugle, vous en rêviez ? Deux Aixois l'ont fait !

M. Chaix M. Chaix
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Pensée sur les bancs de la fac, l'application We, a vu le jour en mars à l’initiative de deux ex-étudiants Aixois. Basée sur l'échange et non sur le physique, elle promet la fin de l'ère du capitalisme des corps. Rencontre avec sa co-fondatrice, Laura Stromboni

 

 

Laura Stromboni, ce nom ne vous dit peut-être rien, mais cette Aixoise de 26 ans fait partie de cette jeunesse qui se lève pour bousculer les codes. A l'heure de la vague #Metoo en 2018, ce mouvement social encourageant la prise de parole des femmes, Laura a créé un compte Instagram pour célébrer le corps féminin, du nom de Mydearvagina. Il recueille des créations d'artistes reproduisant le corps féminin et encourage à sortir des représentations normées. Un engagement féministe mais avant tout humain comme elle le décrit. Sa page fédère aujourd'hui une communauté de 100 000 abonnés et malgré la censure, le compte a résisté. "Une ode à l'amour du corps humain, assumé et célébré par les mises en scènes créatives" promet la biographie du compte Instagram.

Concomitamment cette année 2018, sur les bancs de la faculté, Laura et Charly, le co-fondateur, ont l'idée d'une application de rencontres au concept nouveau. Son défi : sortir de l'aspect "surpermarché" des applications traditionnelles et proposer des rencontres à l'aveugle. "Oui, le physique compte, mais nous mettons d'abord en avant la personnalité, l'échange et la compatibilité psychologique de nos utilisateurs" explique Laura. "Nous espérons que cette application signera la fin des rencontres "catalogue".

24h sans voir l'autre

A l'instar de certaines multinationales, l'application We vous propose, dès la connexion, une première description de votre personnalité et de ce que vous recherchez. La plateforme est aussi inclusive, puisqu'elle permet de se définir comme un homme, une femme ou bien comme une personne non-binaire. Six questions vous sont alors posées pour affiner votre profil et trouver une personne compatible. Les questions ne manquent pas d'originalité puisqu'elles s'intéressent à vos voyages, vos TOCs (troubles obsessionnels compulsifs), ou encore votre "corpulence animale" pour glisser un mot de votre physique, de manière subtile.

Enfin, un émoticône final doit vous résumer : vous décidez alors d'être présenté comme une personne romantique, aventurière, fêtarde, timide ou encore drôle. Si vous trouvez la perle rare, en fonction de vos affinités et de vos centres d'intérêts, vous aurez alors 24h pour échanger avec cette personne, sans la voir. L'échange de photos s'opère seulement si compatibilité il y a, après un jour entier de dialogue. "C'est une nouvelle manière de rencontrer, qui vient mettre fin au diktat de l'image, les gens en avaient besoin" explique Laura. "Les retours utilisateurs sont d'ailleurs très bons, puisque l'application est utilisée comme un jeu, il y a l'impatience de découvrir l'autre après ces 24h" .

"Replacer l'humain au coeur des applications de rencontres"

We s'adresse à tout le monde, et 5 mois après son lancement, elle fédère 10 000 utilisateurs. "C'est assez équilibré au niveau des sexes, nous avons presque autant d'hommes que de femmes" se félicite Laura. Sur ce marché ultra-concurrentiel des applications de rencontres, We espère tirer son épingle du jeu en fédérant une communauté réunie autour de valeurs. "Sincérité, humanité, sérieux" détaille Laura. "Évidemment, en excluant le côté purement physique, nous ciblons plutôt des personnes à la recherche de relations sérieuses mais l'idée c'est de donner une chance à tout le monde".

En téléchargement gratuit sur iOS et Android, l'application contient des achats intégrés et permet d'utiliser deux likes par jour. Comprenez qu'il est possible de trouver son bonheur deux fois par jour.  Autofinancée, We ne tire pas pour l'instant de recettes de la publicité. "Garder la main sur notre produit c'est aussi une valeur importante" affirme Laura. Prochainement, une fonctionnalité Premium verra le jour.

En attendant, Laura poursuit son engagement en faveur d'une société meilleure, sous sa casquette de webdesigner. Elle se réinvente aussi. L'an prochain, elle sortira un livre aux éditions Larousse,  ouvrage inspiré de son compte Instagram Mydearvagina, qui reprendra les créations  artistiques du compte mais aussi du texte.

 

En vidéo, l'extrait de l'interview de Laura Stromboni, co-fondatrice de l'application We.

Son interview est aussi à retrouver sur nos ondes dans votre journal de 12h.