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Les infirmiers anesthésistes manifestent pour alerter sur "la mort" de la profession

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  • 17/05/2021 à 18h00
  • 02:19
 Les infirmiers anesthésistes manifestent pour alerter sur

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Les infirmiers anesthésistes manifestent pour alerter sur "la mort" de la profession

L. Lachau L. Lachau
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Devant les bureaux de l'ARS, une manifestation était prévu ce matin à Marseille comme partout en France. Tous réclament une meilleure reconnaissance de leur métier et espèrent une revalorisation salariale. Beaucoup d'entre eux craignent aujourd'hui pour leur avenir. Reportage.

"Nous demandons juste à être reconnu pour notre travail" regrette Valentin, infirmier anesthésiste à l'hôpital de la Timone. Depuis l'adoption de la loi Rist, votée le 18 mars à l'Assemblée nationale, la grogne monte du côté des IADE (infirmiers anesthésistes diplômés d’État). Cette dernière prévoit de leur refuser le nouveau statut d’Auxiliaires Médicaux en Pratique Avancée (AMPA). Pour Valentin, pancarte à la main, c'est l'incompréhension totale : "Obtenir ce statut serait pour nous une simple reconnaissance de notre travail. C'est la garantie d'une certaine protection de notre métier. Nous avons tous un diplôme d'état acquis après 7 ans d'étude et l'arrivée de nouvelles professions intermédiaires risquent de discréditer notre profession."

En France, les anesthésistes représentent près de 2 % de la profession d'infirmiers"Même si nous sommes que 11 000 dans tout le pays, nous allons continuer à nous battre. Depuis plusieurs mois, nous contactons les députés, la direction de l'AP-HM et l'ARS. Mais il y a rien à faire le ministre de la Santé, Oliver Véran ne veut pas nous écouter. Pour être entendu, il faut sans cesse se battre et donner de son temps libre" s'insurge Alexandre, jeune infirmier anesthésiste à l'hôpital de la Timone.

"Aujourd'hui, j'ai peur pour mon avenir"

L'autre inquiétude partagée par les IADE concerne l'avenir de la profession. Avec l'arrivée de nouvelles, professions intermédiaires, Alexandre se sent menacé : "Le gouvernement veut nous faire disparaître ! À terme, il sera de moins en moins intéressant d'être infirmier anesthésiste. J'ai l'impression que l'on veut nous mettre de côté. D'ici 5 à 10 ans, on aura plus besoin de nous, nous allons perdre notre exclusivité d'actes. Aujourd'hui, j'ai peur pour mon avenir ! "

Un changement de statut permettrait aux IADE une reconnaissance de leur autonomie et de leur polyvalence. "Nous sommes spécialistes dans 4 domaines : anesthésier, gérer la douleur des patients, réanimer et prendre en charge la continuité des soins. Je ne comprends toujours pas pourquoi le gouvernement ne nous accorde pas ce statut" s'exclame Armelle, infirmière anesthésiste à la Timone.

Les IADE mobilisés pendant la crise sanitaire

Depuis mars 2020, les IADE de France renforcent quotidiennement les équipes des services de réanimation qui sont submergés par les patients Covid-19"Nous avons su montrer pendant la crise sanitaire notre polyvalence ! Nous faisions les transferts inter hôpitaux de patients, nous étions aussi mobilisés dans les services de réanimation et nous prenions en charge la continuité des soins chez certains patients" souligne Armelle.

Un argument sur lequel compte s'appuyer les infirmiers anesthésistes pour obtenir le statut d’Auxiliaires Médicaux en Pratique Avancée : "Olivier Véran insiste sur notre manque de polyvalence. Cette crise sanitaire lui a prouvé qu'il avait tort" indique Alexandre.

Le ministre de la Santé prévoit de rencontrer les organisations syndicales ce mercredi.