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Fêtes du 1er mai : Des milliers de personnes réunies ce matin à Marseille

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  • 01/05/2021 à 18h00
  • 03:25
Fêtes du 1er mai : Des milliers de personnes réunies ce matin à Marseille

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Fêtes du 1er mai : Des milliers de personnes réunies ce matin à Marseille

L. Lachau L. Lachau
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L'année dernière, la fête du 1er mai n'avait pas pu être célébrée en raison de la crise sanitaire. Cette année, à Marseille et comme partout en France, des rassemblements ont eu lieu. Plusieurs syndicats, associations et collectifs étaient présents pour défendre les droits des travailleurs. Reportage.

Malgré la pluie, gilets jaunes, syndicalistes et associations se sont rassemblés. Entre chants et banderoles, les manifestants ont tenu à exprimer leur colère. Vincent, pancarte à la main, faisait du parti du cortège : "Cette fête nous permet, en tant que salariés, de pointer du doigt toutes les problématiques que nous rencontrons au quotidien. Ce n'est pas un secteur en particulier qui est touché, mais l'ensemble des salariés de notre pays" regrette ce Marseillais. "Je le vois au quotidien dans le secteur de la métallurgie. Il y a 5 ans, à Marseille, nous étions 65 000. Actuellement, on est moins de 58 000. Nos conditions sont devenues déplorables !"

L'autre problématique pointée par les manifestants, est celle de la précarité. En effet, depuis la crise sanitaire, de nombreuses personnes ont perdu leur emploi et se retrouvent en situation de pauvreté. Virginie, secrétaire départementale du SNUIPP FSU, (syndicat national  des instituteurs et professeurs des écoles dans le premier degré) la constate au quotidien : "Nous sommes tous touchés de plein fouet par la pandémie. En tant qu'enseignante, je suis témoin de cette précarité qui touche de plus en plus de personnes. Je le remarque chez certaines familles qui scolarisent leurs enfants. Plusieurs collègues le vivent également, avec certains de leurs conjoints aujourd'hui au chômage."

La nouvelle réforme de l'assurance-chômage, en vigueur dès le 1er juillet 2021, ne risque pas d'améliorer la situation de ces personnes. En effet, elle prévoit de réduire les indemnités de plus d’1 million de travailleurs privés d’emploi. En changeant le mode de calcul des allocations chômage, la réforme pénalise les plus précaires et les plus jeunes. Les indemnités chuteraient de 17% en moyenne et jusqu’à 40% pour les bénéficiaires les plus impactés.

Le monde de la culture aussi mobilisé

Aux côtés des syndicats traditionnelles, de nombreux acteurs du monde de la culture se sont joints au rassemblement. Après les gérants des bars restaurants, ceux des commerces dits non-essentiels, ils sont eux aussi durement impactés par cette crise sanitaire sans précédent. A 24 ans, Damien est comédien. Avec la pandémie et la fermeture des théâtres, il est actuellement au chômage. "C'est simple, aujourd'hui je ne fais plus aucune heure. A mon âge, j'ai envie de rentrer dans la vie active" confie t-il. "Les seuls boulots qu'on me propose, ce sont des jobs bénévoles. Le monde de la culture en a marre de travailler gratuitement !"

Le président de la République a annoncé une réouverture des musées, des salles de cinéma, des théâtres, et des salles de spectacles le 19 mai prochain. Pourtant Damien, parapluie à la main, attend plus de la part du gouvernement : "La réouverture des lieux de culture, c'est la dernière de nos revendications. Ce qu'on demande, c'est une prolongation de l'année blanche et l'annulation de la réforme sur l'assurance-chômage." Ce jeune Marseillais a aussi le sentiment d'être oublié par l'Etat français : "Quand j'entends le président Macron parler à la télé, c'est comme si nous n'existions pas. Il parle de l'industrie, des grandes entreprises, mais jamais de la culture."

Le 1er mai : Une fête symbolique

Depuis 1890, le 1er mai est célébré chaque année en France. Ce n'est qu'en 1941, sous le régime de Vichy, que le Maréchal Pétain instaure le 1er mai comme Fête du Travail et de la Concorde sociale. Journée qui disparaîtra quatre ans plus tard en 1945, avec la Libération. Elle sera toutefois réintroduite et définitivement proclamée journée fériée le 26 avril 1946, avant d'être chômée et payée pour les salariés en 1948.

Pourtant, avec la crise sanitaire, la fête prévue en 2020 n'avait pas pu être célébrée. Cette année, elle avait une saveur tout particulière pour Virginie : "L'avoir vécu l'an passé derrière nos fenêtres, c'était hyper frustrant ! Cette journée représente beaucoup pour nous. Ce matin, il était d'autant plus important de se rassembler et de crier notre volonté d'une réelle justice sociale en cette période de crise sanitaire ."

Selon la préfecture de police, 3 500 personnes se sont réunies ce matin à Marseille.