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Marseille : 300 personnes moblisées contre la réforme de l'assurance chômage

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  • 23/04/2021 à 20h15
  • 02:22
Marseille : 300 personnes moblisées contre la réforme de l'assurance chômage

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Marseille : 300 personnes moblisées contre la réforme de l'assurance chômage

L. Lachau L. Lachau
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Dès le mois de juillet, un nouveau calcul des allocations chômage est prévue. Selon la CGT, près de deux millions de personnes vont être concernées par cette réforme. Cet après-midi, plusieurs syndicats ont répondu à l'appel. Reportage.

Bruit de caisses, clapping, le long de la Canebière, le monde du spectacle cherche à se faire entendre. Intermittents du spectacle, artistes, pour beaucoup cette réforme sonne comme un nouveau coup de massue.

Après de nombreux reports, elle entrera en vigueur le 1er juillet prochain. Voté une première fois en 2019, ce texte prévoit un allongement de la durée de cotisation nécessaire à l'ouverture des allocations chômage. Il faudra désormais travailler au minimum 6 mois lors des deux dernières années contre 4 auparavant pour y bénéficier. L'autre changement notable concerne le calcul des indemnités. Ce dernier se fera sur le revenu moyen mensuel. Concrètement, les périodes d'inactivités seront prises en compte et donc les personnes alternant contrats courts et chômage seront les premières victimes. Isabelle, comédienne et chanteuse à Marseille, s'indigne contre cette réforme : "On ne sait pas du tout à quelle sauce on va être mangé. On nous force à accepter n'importe quel boulot, mais d'un autre côté on touchera moins, mais plus longtemps, ça ne veut rien dire !" La durée d'indemnisation possible passera de 11 à 14 mois.

À l'arrière du cortège, Anthony 48 ans ne sera pas concerné. Malgré tout, il s'inquiète pour les générations futures : "Je pense à mes enfants et à tout le monde autour de moi. À aucun moment, la population n'a été consultée alors qu'on est censé être dans une démocratie." Selon une étude de l'Unedic, la réforme conduirait à une baisse de dépenses d'environ 2,3 milliards d'euros par an.

"Des centaines de milliers de personnes vont perdre leurs indemnités."

La réforme inquiète de nombreux intermittents du spectacle. Déjà fortement impactés par la crise sanitaire, leur statut semble menacé. Jean-Bernard, drapeau à la main, est membre du syndicat professionnel des artistes et craint au pire : "Cette réforme annonce la fin de l'intermittence. Pour l'instant, elle ne nous impacte pas, mais à terme, on sera très vite concerné." Les intermittents du spectacle ne font pas encore parti du régime général. Un statut qui leur permet pour l'instant d'avoir un accès plus rapide aux indemnités chômage. Un clivage peut se créer dans la société d'après Jean-Bernard : "Même si pendant la crise mon salaire a baissé, j'ai eu droit aux aides de Pôle emploi. Ce n'est pas le cas des artistes, qui n'ont pas pu bénéficier de ce statut particulier et donc des indemnités journalières." Dans le cortège, de nombreux artistes étaient présents. Parmi eux, Maria, plasticienne : "Nous sommes dans une précarité absolue. Depuis la crise, nous ne pouvons plus présenter nos œuvres, ce qui représentait nos seuls revenus."

Toujours selon une étude de l'Unedic, la réforme de l'assurance chômage aura des conséquences négatives pour un nouveau chômeur sur deux lors de la première année de son application.