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Marseille : Le tennis au service des enfants des quartiers défavorisés

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  • 30/03/2021 à 08h00
  • 03:11
Marseille : Le tennis au service des enfants des quartiers défavorisés

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Marseille : Le tennis au service des enfants des quartiers défavorisés

L. Lachau L. Lachau
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Depuis 18 ans, l'association As time organise chaque année de nombreuses compétitions sportives pour les enfants. L'objectif : promouvoir le tennis dans les quartiers défavorisés de Marseille. Reportage au cœur de la cité Félix Pyat dans le 3ème arrondissement.

Filet, raquette et ramasseur de balles, le terrain situé près du métro Bougainville s'est transformé en un véritable court de tennis le temps d'une journée. Créée en 2002, l'association As Time propose chaque année de nombreux tournois dans les quartiers défavorisés de Marseille. Avec la crise sanitaire, le tournoi prévu en 2020 a dû être annulé et reporté samedi dernier. As Time a même créé depuis 5 ans l'ATC Tour dans près de 32 quartiers de la cité phocéenne. Guy Pinna est le créateur de ce projet : "Plus jeune, j'étais animateur de tennis dans plusieurs cités. L'objectif de l'association est d'apprendre une nouvelle activité, comme le tennis, à ces jeunes. C'est un sport qui n'est pas accessible à tout le monde. C'est pourquoi j'ai organisé cette compétition au pied de la cité Félix Pyat."

Un véritable vecteur d'intégration sociale

Grâce à l'association, de nombreux jeunes ont pu s'en sortir et réaliser leurs rêves. C'est le cas de Medhi, qui plus jeune a participé à ce tournoi. Aujourd'hui à 21 ans, il vit pleinement de sa passion : "Guy m'a repéré et m'a proposé de m'inscrire au CSM, l'un des plus grands clubs de Provence. Grâce à lui, j'ai été licencié gratuitement. Tout ça a vraiment changé ma vie. Professionnellement, j'ai pu arbitrer certaines rencontres à l'OPEN 13. Aujourd'hui, je suis venu voir ces jeunes qui, je l'espère, auront le même parcours que moi !" C'est à travers le tennis que Guy et les membres de l'association espèrent éduquer et intégrer socialement ces enfants : "C'est une activité qui permet de leur apprendre le respect, le développement de soi et la vie en collectivité."

Selon un rapport de l’ Observatoire des inégalités, les sept arrondissements les plus pauvres de France (ceux où une personne seule vit avec moins de 900 euros net par mois) se situent à Marseille. Avec un taux de pauvreté de 53,4 %, le troisième arrondissement compte près de 25 000 personnes pauvres. "C'est simple, les petits descendent et jouent entre eux avec un ballon ou ce qu'ils trouvent sur le terrain, sourit Djino, le trésorier d'As Time. Mais la plupart du temps, ils vont se faire embêter par les grands des cités pour simplement se faire des sous. Ils n'ont rien à faire dans le quartier ! Ils suivent malheureusement l'exemple des plus grands."

Le cri de détresse adressé à la nouvelle municipalité

"Ce qu'il arrive à faire seul, c'est tout simplement exceptionnel ! Personne ne serait capable de faire la même chose." Lorsque Medhi parle de Guy, il a des étoiles plein les yeux. Chaque année, c'est lui qui organise et finance les différents tournois à Marseille. Malgré l'arrivée de la nouvelle municipalité, rien n'a changé. "L'année dernière, c'est la préfecture de police qui a financé le tennis à Félix Pyat, avant même les élus. Franchement, c'est un scandale ! La politique de la ville, c'est de développer le sport dans les quartiers, de créer de la mixité sociale. On attend de leur part un geste fort." Il dénonce aussi des promesses non tenues : "Tous pendant les élections, que se soit la gauche ou la droite, ont répété : on va aider les jeunes, on va s'implanter dans les quartiers, on va être avec eux. Mais si vous regardez bien, je suis aujourd'hui un des seuls bénévoles à avoir réalisé 120 tournois de tennis en 5 ans sans aucune subvention publique."

L'association réclame aujourd'hui du personnel éducatif, plus d'équipements (notamment un autobus pour transporter les enfants) et davantage de soutien financier.