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Travailleurs et employeurs inquiets quant aux conditions de la reprise

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  • 07/05/2020 à 12h06
  • 02:58
La pandémie de coronavirus a bouleversé les habitudes du monde du travail.

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La pandémie de coronavirus a bouleversé les habitudes du monde du travail.

M. Chaix M. Chaix
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Pour de nombreuses entreprises, ce lundi 11 mai sera synonyme de relance de l’activité. Mais à quelques jours du déconfinement, le cadre juridique et pratique de ce retour au travail n’est pas clair. Dans les Bouches-du-Rhône, organisations syndicales comme patronales expriment leurs inquiétudes.

« Le télétravail doit rester la norme pour toutes les activités qui le permettent » a indiqué la ministre du travail Muriel Pénicaud. Une consigne qui rappelle que la pandémie de Covid-19 n’est pas encore derrière nous, et qui a de quoi préoccuper ceux pour qui l’activité ne le permet pas, justement. Et ils sont très nombreux, à commencer par tous les commerces qui accueillent des clients, et les activités qui requièrent un travail manuel.
 
Coincé entre la nécessité de protéger la santé de la population et celle de relancer une économie paralysée, le gouvernement a publié un « protocole national de déconfinement pour les entreprises pour assurer la sécurité et la santé des salariés », pour encadrer une reprise le 11 mai.  Il vient compéter les 48 fiches de conseils adaptés à différents métiers, et impose ou recommande des normes sanitaires concrètes, comme un espace de 4m2 minimums pour chaque employé ou, à défaut, le port du masque obligatoire. Mais ces directives ne rassurent pas tout le monde.
 
La responsabilité juridique en question
 
Pour le syndicat patronal UPE 13, la reprise de l’activité était « urgente et essentielle à la survie des entreprises, des emplois qu’elles génèrent, et donc des finances publiques ». Les entrepreneurs seraient relativement satisfaits des mesures énoncées adaptées aux différents corps de métiers, bien qu’elles risquent de poser un problème de gestion des coûts dans certaines branches. L’UPE 13 ajoute d’ailleurs qu’il faudra pour réussir ce déconfinement, « s’inspirer des entreprises qui ont continué de fonctionner et ont une certaine expérience ».
 
C’est en fait la question de la responsabilité juridique des entreprises qui préoccupe beaucoup les employeurs. Etant tenus par la loi d’assurer la santé de leurs employés, les patrons veulent s’assurer de la valeur juridique du plan de confinement et des guides de bonne pratique. « Concrètement, une entreprise qui a parfaitement respecté toutes les recommandations de sa branche, peut-elle être tenue responsable de la contamination d’un employé ? Il y a une vraie interrogation là-dessus ».
 
« L’économie passe avant la santé »
 
Si l’Union Pour les Entreprises des Bouches-du-Rhône souligne gravité de la situation économique des entreprises, elle assure « comprendre l’appréhension de certains salariés » à l’idée de retourner travailler. Une appréhension bien réelle selon Olivier Mateu, secrétaire général de l’Union Départementale de la CGT (UD 13 CGT) : « La date de déconfinement a été choisie contre l’avis du conseil scientifique. On a vraiment le sentiment que la volonté est de remettre tout le monde au travail, et que l’économie passe avant la santé et l’intérêt général ».
 
Il déplore une certaine mollesse des précautions sanitaires demandées : « La plupart des annonces sont simplement incitatives, assorties de mentions « si possible ». Au final, elles ne sont contraignantes que pour les salariés ». Des inquiétudes profondes qui se transforment en colère au moment d’évoquer les évolutions durables que cette crise pourrait générer. « On s’apprête à découvrir des conditions de travail vraiment particulières avec les précautions sanitaires. Mais si il faut ajouter à cela un allongement du temps de travail et une réduction des congés, comme l’a déjà recommandé l’institut Montaigne, on ne l’acceptera pas » prévient le syndicaliste. Les détails du plan de déconfinement, annoncées jeudi 6 mai à 16h par le premier ministre, dissiperont peut être certaines inquiétudes

Tristan Vyncke