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Total La Mède. Près de 200 postes pourraient être supprimés

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  • 15/04/2015 à 07h05
  • 04:12
Les salariés attendent de savoir quelles unités vont rester et lesquelles vont fermer.

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Les salariés attendent de savoir quelles unités vont rester et lesquelles vont fermer.

La plateforme de La Mède pourrait être transformée en bioraffinerie.

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La plateforme de La Mède pourrait être transformée en bioraffinerie.

c. lips c. lips
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Le groupe pétrolier a convoqué les instances représentatives du personnel de la raffinerie en Comité central d'entreprise, demain matin à Paris. Les 430 salariés du site de La Mède devraient enfin connaître les modalités du plan de restructuration à venir

Jusqu’ici, Total se refusait à communiquer précisément sur ses plans pour le devenir de sa raffinerie de La Mède. Les annonces officielles, attendues pour le printemps, se feront donc demain jeudi lors d’un CCE extraordinaire. La réunion, entre la direction de la branche raffinage-chimie et les représentants du personnel, se tiendra au siège parisien du pétrolier, à la Défense. L'ordre du jour, pour le moins laconique, est résumé par Total en ces quelques mots : "Information sur les perspectives du raffinage en France".

"On redoute qu'une fois de plus cette réunion soit une coquille vide, réagissait la CGT du site de La Mède à l'annonce de la tenue de ce CCE extraordinaire, première étape dans le processus d'information à destination des salariés. On attend de voir ce qui va nous être réellement dévoilé." Lors de précédentes réunions de concertation entre la direction et les syndicats, quelques pistes avaient été officieusement évoquées. « Ce ne sera pas un simple stockage, affirmait le directeur du site médéen. Le projet aura un sens industriel. » Une restructuration du site pour permettre la production de biocarburants a été mentionnée comme piste privilégiée. Un marché qui, selon certaines études, doublerait dans les dix prochaines années.

Près de 200 postes supprimés


Selon nos information, si ce projet industriel est confirmé en CCE, certaines unités qui existent aujourd'hui pourraient être fermées. On parle de près de 200 postes qui pourraient être supprimés sur plusieurs années, sans parler des conséquences sur les quelques 200 sous-traitants qui travaillent régulièrement à La Mède. Total a tiré les leçons de sa mauvaise expérience dans le traitement social de la fermeture de sa raffinerie de Dunkerque en 2010. Pour La Mède, il veut prendre exemple sur la reconversion du site de Carling en Moselle.

« Une chose est sûre, insiste François Bourasse, le directeur de la raffinerie de La Mède, il n’y aura pas de licenciement et le personnel qui le souhaite restera Total. On se donnera du temps pour mener à bien ce projet, sur le même modèle que ce qui s’est fait  en Moselle. Et nous trouverons une solution pour que chacun puisse se projeter dans l’avenir." Total s’est néanmoins engagé par écrit à respecter certaines garanties : pas de mutations forcées pour les non cadres et reclassement dans des sites industriels du bassin d’emploi. Le nom de Naphtachimie, dont le vapocraqueur est détenu à 50% par Total, a été cité. Cinquante postes pourraient se libérer sur plusieurs années et dans les faits, certains mouvements de salariés d’opèrent déjà d’une usine à l’autre. "Pour nous, c'est déjà une grande victoire, confiait Bruno Casano, délégué FO de la raffinerie de La Mède. Tout ce que nous souhaitons, c'est que l'emploi soit préservé dans le futur, que les salariés ne soient pas déracinés et qu'ils puissent continuer à travailler dans le bassin d'emploi de la région, auprès de leur famille."

Raffinage en crise?

On sait depuis longtemps que Total s'apprête à restructurer son activité de raffinage en France, arguant des pertes financières que représente cette activité pour le groupe et de difficultés économiques d'un secteur qui subit de plein fouet la concurrence des États-Unis et des raffineries construites au Moyen-Orient ou en Inde (parfois par Total lui-même). Le directeur de la raffinerie de La Mède avance : « Notre site perd près de 100 millions d’euros par an. Les projections sur les années à venir donnent les mêmes ordres de grandeur. Notre responsabilité, notamment vis-à-vis des salariés, c’est de le relancer, de le faire évoluer pour qu’il soit durable et pérenne. Il s’agit de redonner une dynamique à notre territoire. Et quel que soit le projet industriel qui sera choisi, nous accompagnerons les salariés dans cette période complexe. »

La CGT ne fait pas du tout la même analyse, estimant qu'une grande partie de ces pertes financières sont imputables à la fiabilité de la raffinerie, mise à mal par des investissements de modernisation des installations qui se font toujours attendre : « Nous nous battons pour que cette raffinerie vive, lâchait Frédéric Ambrosio, élu CGT du CE et secrétaire adjoint du CCE. Aujourd’hui elle marche, elle a des débouchés et ses installations, dans lesquelles nous travaillons tous les jours, sont les nôtres, les vôtres aussi. Total La Mède a toute sa place dans l’économie locale. Comment expliquer qu'on importe de plus en plus de produits finis en France? C'est bien qu'on a besoin de raffiner dans notre pays", martelait le délégué syndical.

Dans la foulée du CCE extraordinaire organisé à Paris jeudi matin dès 8h30, un comité d'entreprise se tiendra vendredi matin sur le site de La Mède pour informer les salariés des annonces faites par la direction de Total.


(Photos François Déléna)