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Martigues. Amiante: 2017 année noire

  • Santé
  • 05/04/2018 à 13h43
  • 03:14
Martigues. Amiante: 2017 année noire

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Martigues. Amiante: 2017 année noire

S. André S. André
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L'Association de défense des victimes de maladies professionnelles a réuni ses adhérents lors de son assemblée générale. L'occasion pour elle et ses membres de faire un tour d'horizon sur les actions menées et de compter les décès. 26 en 2017.

20 millions de tonnes, c'est le poids total d'amiante qu'il reste sur le territoire français, malgré son interdiction en 1997. Si l'on devait en prendre un peu chacun, cela représenterait 40 kg par personne. 2,6 millions de salariés sont exposés, quotidiennement, à différentes nuisances cancérogènes. Dernier chiffre, le plus parlant celui-ci, 12 personnes décèdent chaque jour de l'amiante, dans notre pays. Malgré ces chiffres désespérants, les associations de défense poursuivent le combat. À Martigues, il en va de même. L'Adevimap gère près de 2000 dossiers sur l'ouest de l'étang de Berre et même encore un peu plus depuis que les associations d'Istres et de Port-de-Bouc ont fermé leurs portes. Le nombre de dossiers pris en charge par l'association est en constante évolution depuis trois ans : "Toutes nos permanences sont complètes, précise Christiane de Felice, la présidente. Mais ce qui est encore plus grave, c'est que les pathologies auxquelles on fait face sont de plus en plus lourdes. On voit beaucoup de mésothéliomes, la forme la plus dure du cancer des poumons. Il est impossible d'en réchapper." 

La responsabilité des entreprises dans ce triste constat n'est pas facile à faire reconnaître auprès de la justice. Première embuche pour les victimes, dater l'intoxication car désormais, un salarié travaille pour plusieurs sociétés, à qui doit-on imputer la faute? Ces dernières se renvoient la balle. Une grande partie de l'action de l'Adevimap est d'ailleurs d'évaluer ces responsabilités. "Cette reconnaissance passe aussi par les pouvoirs publics qui ne bougent pas le petit doigt et la justice qui prend des tours et détours pour exonérer les industriels." fulmine la présidente. Résultat, les procédures s'étalent sur des années, voire une décennie dans certains cas.  La disparition des Comités d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de travail, un outil exemplaire en termes de traçabilité des produits utilisés dans les entreprises ou bien encore sur le parcours professionnel des salariés, ne va pas arranger les choses.

Depuis deux ans, l'association oriente son action vers l'environnement, les décharges sauvages, le désamiantage non sécurisé, l'amiante dans les anciennes écoles... : "Nous allons essayer de faire évoluer la législation avec l'association mère Andeva, poursuit Christiane de Felice. Nous souhaiterions que tous les bâtiments publics soient cartographiés en fonction de leurs risques, que des états des lieux soient faits dans les habitations et que toutes ces informations soient consultables par tous. De plus, on sait que le désamiantage coûte cher et que les citoyens n'ont pas les moyens de le faire. Souvent les déchets d'amiante se retrouvent en pleine nature. On demande à ce que les pouvoirs publics prennent en charge cela." De nouveaux matériaux arrivent sur le marché avec leurs lots de nuisances. Nanoparticules, particules fines respirables dans l'air... Pour lesquelles les sociétés ne sont pas tenues à des normes de sécurité particulières: "Elles peuvent en lâcher tant qu'elles veulent, ironise Houssine Rehabi, vice-président de l'association. L'opinion publique s'est sentie concernée à une certaine époque. Des progrès ont été faits grâce à l'Andeva. Cela a permis aux gens de partir en pré-retraite, de créer le Fiva, le fond d’indemnisation. On parle de l'amiante depuis 30 ans, les gens sont blasés et les juges aussi d'ailleurs. Et puis quand on aura fini de mourir de l'amiante industrielle, on commencera à mourir de l'amiante environnementale."  On estime que d'ici 2050 près de 100 000 personnes mourront de l'amiante.

Adevimap
www.adevimap.net
Permanence sur rendez-vous à la Maison de la justice et du droit jusqu'au 7 mai, ensuite au Palais de Justice, le 1er et 3eme mardi du mois,
de 14 h à 16 h 30
04 42 41 32 20