Temps forts

Martigues. Pompiers et infirmiers demandent un réengagement de l'Etat

  • Santé
  • 19/07/2019 à 11h40
  • 01:57
Les manifestants ont sensibilisé les automobilistes de 8h30 à 10h ce matin.

1/2

Les manifestants ont sensibilisé les automobilistes de 8h30 à 10h ce matin.

Martigues. Pompiers et infirmiers demandent un réengagement de l'Etat

2/2

Martigues. Pompiers et infirmiers demandent un réengagement de l'Etat

R. Chape R. Chape
Partagez cet article
  • Pratager sur Google+

Nouvelle mobilisation ce matin sur le boulevard des Rayettes, où une opération de tractage était organisée à l'initiative du Collectif Urgences de Martigues pour la défense des services publics hospitaliers. Des sapeurs-pompiers comptaient parmi les manifestants.

 Les explications de l'infirmier Jérémy Martinez.
 Le sapeur-pompier Cyril Bardo demande à l'Etat de se réengager dans les services publics.

"Qu'est-ce qui se passera si un feu se déclare au 7ème étage d'un immeuble pendant qu'on débloque un ascenseur ou qu'on sauve un chat coincé dans un arbre ?" L'image est claire, et pour Cyril Bardo, elle illustre parfaitement les difficultés que lui est ses collègues sapeurs-pompiers rencontrent au quotidien. "Nous souffrons du désengagement de l'Etat dans l’ensemble des services publics, avec des situations d'effectifs qui ne sont plus admissibles", poursuit-il. "Nous devons nous soustraire à de nombreuses carences, en faisant du secours animalier, des missions d’ascensoriste, de sécurisation de la voie publique, du transport de malades dont l'urgence est relative... Cela a pour conséquence directe que nous ne sommes plus en capacité d'armer les camions incendie".

Et si des agents du SDIS 13 ont décidé de se mobiliser aux côtés des personnels hospitaliers des Rayettes, c'est qu'ils estiment que c'est l'intégralité de la "chaîne de secours" qui sera pénalisée par le projet de loi de transformation de la fonction publique. "Nous travaillons ensemble, nous avons les mêmes revendications", explique l'infirmier Jérémy Martinez. "On nous enlève des soignants, on manque de matériel, on ne peut pas travailler correctement". 

En grève depuis le 14 juin, avec de nombreuses manifestations à leur actif, les personnels en lutte ont cette fois choisit une forme de mouvement en contact direct avec la population, qu'ils souhaitent sensibiliser sur les conséquences qu'auraient les réformes gouvernementales sur leur système de soins. "L'attente aux urgences peut monter jusqu'à 8 heures, des patients restent 24 heures sur un brancard avant d'être hospitalisés, on manque de lits, de moyens, il faut parfois un quart d'heure pour avoir un pied à perfusion", reprend Jérémy. "Cela fait trop longtemps que l'on fait de l'abattage, et rentrer le soir avec le sentiment d'avoir fait du mauvais travail, c'est plus possible. On est fatigué, en colère, et c'est pourquoi on l'exprime aujourd'hui". 

L'opération de tractage en direction des automobilistes a duré de 8h30 à 10h. 

En vidéos, les interviews de Jérémy Martinez et de Cyril Bardo. (Images de Norhène Ouerfelli)