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Les victimes de l'amiante veulent un procès coûte que coûte

  • Santé
  • 09/01/2019 à 17h20
  • 01:29
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Dans une impasse judiciaire depuis plus de 20 ans, des milliers de victimes lancent une procédure inédite en France : la "citation directe collective" pour que les auteurs de ce scandale sanitaire répondent de leurs actes au pénal

"Aujourd'hui, je pense à toutes ces veuves qui ont perdu leur mari par le simple fait d'avoir travaillé toute leur vie pour nourrir leur famille. Des employeurs assassins les ont empoisonnés en toute connaissance de cause et la justice leur donne un permis de tuer", martèle Houssine Rehabi, vice-président de l'association de défense des victimes de maladies professionnelles (Adevimap).

Comme d'autres associations représentant les victimes de l'amiante, l'Adevimap souhaite se joindre à une nouvelle action judiciaire, inédite en France : la citation directe collective. Un moyen de contourner les obstacles juridiques qui se dressent depuis 1996, date du premier dépôt de plainte, pour empêcher qu'un procès pénal ait lieu et que les responsables payent. 

Mi-décembre, la cour de cassation a en effet annulé des mises en examen pour "homicide et blessures involontaires" de huit responsables nationaux dans les dossiers du scandale sanitaire de l'amiante. Un nouveau revers dans cette bataille judiciaire. Les associations n'entendent pas en rester là et lancent une procédure inédite en poursuivant elles-mêmes les employeurs. Elles devront apporter les preuves de leur préjudice. 

"Je rappelle que l'amiante est encore responsable de 3000 morts par an, ajoute Houssine Rehabi, donc non l'amiante ne fait pas partie du passé et le combat se portera aussi dans les années à venir sur les conséquences des pesticides sur la santé." 

Regardez l'interview vidéo de Houssine Rehabi, le vice-président de l'Adevimap. Il explique l'importance de la tenue d'un procès pénal.