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Le don d'organes, l'acte d'amour ultime

  • Santé
  • 20/10/2022 à 16h40
  • 03:55
Le don d'organes, l'acte d'amour ultime

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Le don d'organes, l'acte d'amour ultime

M. Montagne M. Montagne
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Ultime car, de son vivant, on décide de faire don de soi à un ou une inconnu.e qui, de son côté, ignorera tout de son bienfaiteur ou bienfaitrice. Ce 17 octobre, journée mondiale du don d'organes, était l'occasion pour les professionnels de santé d'attirer l'attention sur cet acte exceptionnel, dans tous les sens du terme.

 Le témoignage poignant de Sandrine
 Joseph et Marie-France, doublement concernés par le don d'organes
 Alain : "une grande preuve d'amour"
 Docteur Wiramus : le plus grand respect du défunt

Les "compagnons" du don

Sandrine présente son avant-bras où est tatoué un prénom masculin d'où semblent s'échapper huit petites silhouettes d'oiseaux en vol.
Le prénom, c'est Sandro, son fils de 22 ans, décédé dans un accident de moto il y a moins d'un an, les oiseaux, eux, représentent les huit personnes sauvées grâce à la greffe d'un de ses organes. Le jeune homme avait fait part à sa mère de sa volonté de mettre en œuvre cette opération s'il lui arrivait malheur. 

Marie-France et Joseph sont femme et mari, elle est la sœur d'un donneur décédé, lui est le frère d'une receveuse vivante.

Quant à Alain, sans celui ou celle qui lui a offert ce rein qu'il attendait tant, il n'aurait pas été là, devant nous, solide comme un roc, à témoigner à notre micro. 

Sandrine, Marie-France, Joseph et Alain sont venus ce 17 octobre, à l'hôpital de la Timone à Marseille, assister au dévoilement d'une plaque apposée au mur. Une plaque en hommage à tous les donneurs d’organes et de tissus qui permettent chaque jour à des personnes en sursis de continuer à vivre.
Elle est l'œuvre de Julie d’Anna, agent de service hospitalier en réanimation à l'hôpital Nord, bien connu dans l'établissement pour son important travail en art-thérapie auprès des patients de son service.
La plaque représente un arbre de vie dont les fruits évoquent différents organes, accompagné de ces trois verbes "Donner, recevoir, vivre"

Rappel de la loi

En vertu de la loi française, chacun de nous est présumé donneur et sera prélevé d'un ou plusieurs organes en cas de mort encéphalique, c'est-à-dire cérébrale, et aussi, mais sous certaines conditions, d'arrêt cardiorespiratoire définitif après échec de la réanimation.
En ce qui concerne les donneurs malades, la greffe est possible à la condition que l'organe espéré soit sain.
Il existe également le don de son vivant mais, par définition, ce dernier ne soulève pas de problèmes de consentement, le donneur l'exprimant de vive voix. 
Il existe deux moyens de faire connaître son refus catégorique de donner : l'inscription au registre national des refus et/ou en informant précisément famille et proches de son intention, par oral ou par écrit.

Le déchirement 

On peut facilement comprendre l'état de désarroi et de sidération qui frappe celles et ceux qui viennent de perdre brutalement un proche  - souvent à la suite d'un accident ou d'un AVC - et auxquels on demande dans l'urgence de se prononcer sur le prélèvement d'un ou plusieurs de ses organes.
Dévastées par le drame, ignorantes des conditions dans lesquelles se déroule l'opération et redoutant qu'on porte atteinte à l'intégrité physique de leur disparu par un acte qui reviendrait à une forme de profanation du corps, il n'est pas rare de voir certaines familles émettre un refus catégorique.
En France, que ces refus émanent de la famille ou soient manifestés de leur vivant par les défunts, leur pourcentage s'élève à 30% et ne faiblit pas depuis des années. Dans le Sud de la France, le taux de refus s'élève même à 40 %.
Il est donc primordial d'oser aborder la question avec son entourage pour éviter qu'au chagrin vienne s'ajouter du désarroi et que s'insinue un sentiment de culpabilité, que l'on ait refusé ou accepté le prélèvement.
Alors, pour épargner à ses proches un choix aussi dramatique, il est vivement recommandé de coucher expressément par écrit tant son consentement que son refus, en allant même jusqu'à détailler la liste des organes qu'on consent à donner ou à refuser. 

La réflexion

Confronté à ce dilemme, voire à la culpabilité d'autoriser - ou non - le prélèvement d'organes sur un proche tout juste décédé, on peut tout simplement envisager la situation inverse, à savoir se mettre cette fois à la place de la personne dont le parent - un conjoint, un enfant, une compagne, un père, une mère... - serait condamné s'il ne bénéficiait pas rapidement d'une greffe. Et d'imaginer alors la douleur endurée et l'injustice ressentie à l'idée que notre proche va mourir pour la simple raison que l'organe vital, issu qui plus est d'une personne décédée, lui a été refusé.


En vidéo, la parole bouleversante de Sandrine, la maman de Sandro ; les réactions de Marie-France et Joseph qui comptent dans leur famille à la fois un donneur et des receveurs ; l'interview d'Alain Provansal dont la simple présence témoignait à elle seule de l'importance cruciale des dons ainsi que celle du médecin à la coordination hospitalière des prélèvements d’organes et tissus (CHPOT) auprès de l'AP-HM, le docteur Sandrine Wiramus, qui atteste du plus grand respect du corps manifesté par les équipes hospitalières lors des opérations de prélèvement, un respect confirmé - et salué - par les familles de défunt.