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Dépistage du cancer du sein : à Istres, le parvis en rose

  • Santé
  • 02/10/2019 à 12h16
  • 03:32
Dépistage du cancer du sein : à Istres, le parvis en rose

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Dépistage du cancer du sein : à Istres, le parvis en rose

M. Montagne M. Montagne
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Comme de nombreux établissements de soins en France, la clinique de l'Etang de l'Olivier a participé à Octobre Rose, cette manifestation nationale quasi-trentenaire dont l'objectif est de sensibiliser les femmes au dépistage du cancer du sein.

 Annelyse Pinatel, directrice des soins à la clinique de l'Etang de l'Olivier
 Dépistage du cancer du sein : à Istres, le parvis en rose

Le cancer du sein est malheureusement l'un des plus connus car l'un des plus répandus, il touche une femme sur huit et chaque année 54 000 nouveaux cas apparaissent dont 12 000 se révéleront mortels. Et pourtant, en 2019, il est encore nécessaire de communiquer au sujet de cette maladie, de ses risques et surtout, de sa prévention.
Car le cancer du sein a longtemps cumulé les tabous :
celui de la maladie elle-même, le cancer a souvent été perçu comme une affection honteuse qu'il était de bon ton, en société, de dissimuler et dont on craignait qu'il puisse avoir des répercussions négatives sur la carrière professionnelle, un peu comme si on avait fauté en tombant malade.
Ensuite la maladie touche le sein, c'est à dire la sphère de l'intimité : "couvrez ce sein que je ne saurais voir" s'exclame le bien-nommé Tartuffe, anormalement troublé à la vue d'une poitrine féminine. C'est ainsi, le sein est souvent catalogué, dans nos sociétés très masculines, comme un organe avant tout sexuel qu'il faut dissimuler sous peine de mettre certaines personnes mal à l'aise, on a pu le constater pas plus tard que le mois dernier avec ce regrettable épisode d'allaitement dans un Pôle emploi à Istres justement. Et donc, par voie de conséquence, une maladie qui touche le sein va être, elle aussi, susceptible de susciter un malaise chez certains.
Enfin, pendant longtemps, seule la guérison importait et l'ablation du sein, ou sa mutilation suite à une opération de chirurgie lourde, paraissait relever de l'accessoire voire du négligeable puisque l'unique priorité était de sauver la personne. Or, on s'est rendu compte que, pour une grande majorité de femmes dans ce cas, la situation post-opératoire était vécue de façon très traumatisante : la sensation d'avoir perdu sa féminité, la gêne ressentie par le compagnon et les autres conséquences psychologiquement très douloureuses à vivre incitaient à cette discrétion un peu honteuse. 

Ce contexte social très culpabilisateur a souvent eu des conséquences dévastatrices en contribuant à perturber la détection de la maladie. Et souvent de la part des principales intéressées elles-mêmes, ce qui pouvait donner lieu à une attitude du type : "Si je ne cherche pas, je suis certaine de ne rien trouver" retardant ainsi le dépistage précoce d'une éventuelle tumeur. 

Bref, cette situation morbide n'avait que trop duré, il était plus que temps pour notre société de regarder - enfin - les seins en face. 

C'est la raison pour laquelle Octobre Rose a été créé, afin de dédramatiser sans pour autant banaliser, afin d'extraire le cancer du sein de sa dimension honteuse, mais aussi afin d'inciter les femmes à se saisir elles-mêmes du problème avec une solution, c'est le cas de le dire, à portée de main : l'auto-palpation. Et dans la foulée, de signaler au corps médical toute constatation d'un phénomène qui paraitrait anormal. Mieux vaut une fausse alerte donnée rapidement qu'un vrai problème nié trop longtemps.

A noter, contrairement aux idées reçues, que les hommes peuvent être également touchés par le cancer du sein même si leur proportion reste marginale (ils ne représentent qu'un pour cent des malades). Et justement, aujourd'hui même, par un sinistre hasard du calendrier, Mathew Knowles, le père de la star mondiale Beyoncé, vient d'annoncer qu'il était lui aussi victime de ce cancer. 

La manifestation Octobre Rose a également pour but de lever des fonds pour combattre la maladie. Et, pour celles qui ont été touchées dans leur chair, de faire découvrir toutes les possibilités de reconstruction chirurgicale jusqu'au tatouage post-cancer en passant par les sous-vêtements adaptés.
Et puisqu'on évoque les sous-vêtements, pour soutenir la lutte contre cette maladie, pendant tout ce mois d'octobre, venez déposer des soutiens-gorge à la clinique de l'Etang de l'Olivier ou de tout autre établissement de soins qui participe à l'opération.

En vidéo, les explications d'Annelyse Pinatel, directrice des soins à la clinique de l'Etang de l'Olivier et le témoignage d'une Istréenne, Béatrice Brunet-Colombo

 

(images et interviews : Michel Montagne / Maritima Médias)