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Martigues. L'Adevimap lance un cri d'alarme

  • Santé
  • 28/03/2016 à 18h23
  • 03:28
S. André S. André
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L'association de défense des victimes des maladies professionnelles a organisé son assemblée générale, à l'Hôtel de Ville de Martigues. L'occasion de faire un bilan de l'année écoulée, avec 136 nouveaux dossiers sur le pourtour de l'étang de Berre

La salle des conférences de l’Hôtel de Ville de Martigues était comble, le 24 mars dernier, jour d’assemblée générale. Car si la zone d’action de l’Adevimap se cantonnait initialement au bassin industriel de l’Ouest de l’étang de Berre (Martigues, Port-de-Bouc, Châteauneuf, Fos, Saint-Mitre, Istres, Marignane et Vitrolles), elle s’est vite retrouvée élargie à une soixantaine de communes des Bouches-du-Rhône : « Et même parfois hors département, souligne la présidente Christiane De Felice. Depuis notre création, en 2002, nous avons suivi plus de 1 800 dossiers. On se rend compte qu’il y a de plus en plus de maladies professionnelles et de plus en plus de familles touchées. Il n’y a pas que l’amiante qui pose problème. Il y a une multitude de produits dangereux pour la santé des salariés et dont on ne connaît pas encore les conséquences. Le benzène sera le prochain scandale sanitaire en France. »

"Il y a trop d'hommes qui ne profitent pas de leur retraite"


Dans la salle beaucoup d’hommes. Des anciens d’ArcelorMitall, d’EDF, D’eurovia… Comme Robert Battezzato qui, lui, souffre de deux pathologies, fibrose et plaques pleurales, dues à l’amiante : « Je n’avais pas conscience que je courais des risques, explique-t-il. Moi, comme mes collègues, on ne se doutait pas que les matériaux que l’on utilisait contenaient des matières cancérigènes. La reconnaissance de ma maladie par la Sécurité sociale a été longue et laborieuse. C’est démoralisant d’être malade et de ne pas être considéré comme tel. » La reconnaissance, voilà le cheval de bataille de l’association : aider les victimes dans leurs démarches administratives pour le montage de leur dossier, faire une demande d’indemnisation ou d’allocation amiante, et sur le terrain fournir de l’information auprès des salariés : « Le gouvernement a sa part de responsabilité mais je suis en colère contre le patronat, lâche Patrick Noto, retraité. Malgré les chiffres, ils nient la réalité et continuent de négliger la santé de leurs employés. Les sociétés doivent les informer sur les risques encourus et leur fournir les protections adéquates. On dirait que la santé au travail est secondaire pour eux. Il y a trop d’hommes qui ne profitent pas de leur retraite. Nous sommes là pour ça. Pour informer les salariés. Et ce n’est pas facile lorsqu’il s’agit d’intérimaires, de sous-traitants ou encore d’agents détachés. Ils sont très flexibles, très mobiles… Nous avons du mal à tracer leur exposition aux produits toxiques. »

Contaminés par notre environnement

Le secteur le plus concerné par les maladies professionnelles est actuellement le bâtiment. Une politique de désamiantage est engagée depuis son interdiction en 1997. Si la démarche paraît rassurante, la réalité l’est moins. Manque de sécurité et de protection sur les chantiers, pas de confinement des matières dangereuses, dépôts sauvages d’amiante dans les pinèdes… Et cela ne concerne pas seulement les employés, les habitants sont eux aussi touchés selon Christiane De Felice : « On détruit, on démolit de partout. On nous appelle de tous les côtés pour signaler des problèmes sanitaires. Avec le vent, les particules se dispersent et peuvent provoquer des cancers. D’ailleurs ces cancers environnementaux sont d'ores et déjà reconnus par la Caisse Primaire d’Assurance Maladie et la FIVA (le fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante). Quand on connaît la guerre que c’est pour se faire reconnaître comme victimes, on imagine l’envergure de ce nouvel empoisonnement. Il a de beaux jours devant lui ! La population doit à tout prix se tenir informée. »
Selon les spécialistes, d’ici 2050, 100 00 personnes décèderont d’une maladie professionnelle en France.

L’Adevimap organise des permanences à la Maison de la Justice et du Droit du Pays Martégal, les 1er et 3e mardis du mois de 14 h à 16 h 30.
Tél . : 04 42 41 32 20

14 Cours Aristide Briand
13 500 Martigues
Tél. : 06 30 33 74 93 (si urgence)
www.adevimap.net