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Les Kurdes, peuple oublié, se mettent en marche

Marcheuses et marcheurs kurdes

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Marcheuses et marcheurs kurdes

M. Montagne M. Montagne
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Et quand les Kurdes se mettent "en marche", cela n'a rien d'un slogan de campagne.

 Le reportage de Maritima TV dans le journal du jeudi 09 février
Trois jours et deux nuits pour rejoindre à pied Marseille en partant de Martigues via Marignane, une centaine de Kurdes venus de toute la région ont choisi ce moyen de manifester pour réclamer la libération d'Abdullah Öcalan, le leader du PKK, le "Parti des travailleurs du Kurdistan", c'est le nom de la principale organisation politique et militaire kurde en Turquie. Öcalan - dont les militants réclament la libération et surtout tentent d'obtenir de ses nouvelles - est emprisonné depuis maintenant 17 ans en Turquie.
Mais qui sont donc ces Kurdes dont on parle tant ?
Au total une quarantaine de millions à travers le monde, 30 millions sont regroupés à cheval sur les frontières de quatre pays voisins, tous concernés par les actuels conflits au Proche-Orient. La plus grosse communauté, une quinzaine de millions, vit dans le sud de la Turquie où ils sont souvent brimés, discriminés et considérés comme des citoyens de seconde zone par le pouvoir de l'autocrate président Recep Erdogan, les autres sont répartis au Nord de la Syrie, de l'Irak et dans une moindre mesure dans l'Ouest de l'Iran.
Un grand peuple donc, voire même une nation, mais pas de pays, et c'est le drame des Kurdes mais aussi leur principale aspiration, la création d'un Kurdistan indépendant, même s'il existe un embryon d'état autonome dans le Nord de l'Irak, administré par les fameux "Peshmergas".
Mais pour des raisons de géopolitique, peu d'états les soutiennent afin de conserver de bonnes relations avec la Turquie, actuel membre de l'Otan et dont le territoire a souvent servi de base arrière aux Américains et leurs alliés à l'occasion de conflits dans la région.
C'est en partie la raison pour laquelle le PKK d'Abdullah Öcalan est inscrit sur la liste des organisations terroristes par les Etats-Unis et l'Union Européenne. Même si le PKK a commis des actions violentes, des attentats visant les intérêts turcs et a un mode de fonctionnement très autoritaire, le mettre sur un pied d'égalité avec des organisations comme Daech ou Al-Qaïda - dont la principale revendication se résume souvent à éradiquer ceux qui ne pensent pas comme eux - relève de l'amalgame. Et surtout, il s'avère que les Kurdes ont été, pendant bien longtemps, les premiers et les seuls à combattre sur le terrain les fanatiques de Daech tant en Syrie qu'en Irak. Ce sont même eux qui - avec l'aide de l'aviation occidentale - ont infligé en juin 2015 sa première grande défaite à L'Etat Islamique, à l'époque au sommet de sa puissance. C'était dans la petite ville de Kobane au Nord de la Syrie, au terme d'un combat acharné de neuf mois. Une grande victoire, militaire et symbolique, puisqu'elle a mis fin à la pseudo-invincibilité de Daech, amorçant ainsi son futur déclin militaire. Les Kurdes, grands guerriers, ont donc largement contribué à affaiblir l'Etat Islamique, celui-là même à l'origine des attentats commis en France et à amoindrir l'afflux vers la Syrie de ceux des apprentis djihadistes qui étaient fascinés par la supposée invulnérabilité de Daech. Les Kurdes apparaissent donc comme les meilleurs ennemis de ceux qui veulent nous détruire.
Quant à la religion, sunnites, les Kurdes pratiquent un islam modéré, pour preuve, la place privilégiée qu'occupent les femmes dans leur société, une véritable exception dans cette région. Il n'est pas rare de les voir combattre aux cotés des hommes ou au sein d'unités féminines en première ligne et certaines sont même à la tête d'unités combattantes où, grâce à leur valeur, elles obtiennent l'obéissance et le respect des hommes.

En vidéo, le reportage de Maritima TV extrait du journal télévisé du jeudi 09 février. On y voit les Kurdes se rassembler et préparer leur départ devant l'hôtel de ville de Martigues. Ils devraient arriver durant cette journée de samedi sur le Vieux-Port de Marseille, vous les reconnaitrez notamment à leurs drapeaux, foulards et écharpes tricolores rouge, vert et jaune.

(images et interviews : Michel Montagne / Maritima Medias)